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Covid-19: le ministre de la Santé tunisien limogé en plein pic de contaminations

Le Premier ministre désigné Hichem Mechichi, lors d'un discours devant les députés tunisiens avant le vote de confiance au gouvernement, à Tunis, le 1er septembre 2020

Le Premier ministre désigné Hichem Mechichi, lors d'un discours devant les députés tunisiens avant le vote de confiance au gouvernement, à Tunis, le 1er septembre 2020 - Fethi Belaid © 2019 AFP

Face aux pénuries d'oxygène, de personnel médical et de lits de réanimation, la situation sanitaire en Tunisie est devenue catastrophique dans le pays.

En plein pic de contaminations au Covid, le ministre tunisien de la Santé Faouzi Mehdi a été limogé ce mardi soir. Le chef du gouvernement tunisien Hichem Mechichi a décidé de le démettre de ses fonctions, ont annoncé ses services dans un communiqué lapidaire, sans expliquer les raisons de cette décision, alors que le gouvernement est déjà affaibli par des tensions.

Faouzi Mehdi est à l'origine de l'ouverture temporaire de la vaccination à tous les Tunisiens de plus de 18 ans pendant deux jours mardi et mercredi, à l'occasion des jours fériés de l'Aïd al-Adha, la plus importante des fêtes musulmanes.

Cette ouverture a entraîné une ruée dans les 29 centres de vaccination concernés, causant des scènes de bousculades et de nombreuses déceptions face à l'épuisement rapide des doses disponibles. Face au succès de l'opération, le ministère de la Santé avait annoncé plus tôt dans la journée qu'il la poursuivrait "pendant les prochains jours" avant de restreindre l'accès à la vaccination aux plus de 40 ans dès mercredi pour éviter de nouvelles cohues.

Une situation sanitaire catastrophique

La Tunisie a officiellement enregistré près de 550.000 cas de coronavirus, dont 17.644 morts. Face aux pénuries d'oxygène, de personnel médical et de lits de réanimation, la situation sanitaire est devenue catastrophique, poussant de nombreux pays à envoyer de l'aide médicale ces derniers jours.

La campagne de vaccination est longtemps restée poussive, d'autant que les stocks de vaccins étaient jusqu'à récemment très limités. Quelque 937.000 personnes ont été complètement vaccinées, soit environ 8% de la population, un taux trop bas pour freiner la contagion même s'il est parmi les plus élevés d'Afrique.

Le gouvernement s'est vu reprocher sa gestion de l'épidémie, notamment après une réunion gouvernementale dans un hôtel haut de gamme avec piscine à Hammamet, ce week-end, en dépit des interdictions de circuler et alors que des dirigeants d'hôpitaux, à bout, craquaient.

Le ministre des Affaires sociales, Mohamed Trabelsi, deviendra ministre de la Santé par intérim, dans un gouvernement déjà affaibli par le départ de nombreux ministres non remplacés après un remaniement resté inabouti.

Le président Kaïs Saïed est en froid avec le principal parti parlementaire, le mouvement d'inspiration islamiste Ennahdha. Jouissant d'une importante popularité, a refusé en janvier de laisser prêter serment des ministres pourtant validés par le Parlement. Résultat: le gouvernement compte depuis de nombreux ministres intérimaires cumulant plusieurs fonctions, notamment à la Justice, ou à l'Intérieur.

M.D. avec AFP