BFMTV

Niger : les forces spéciales françaises sont intervenues

Jeudi 23 mai, l'attentat suicide près d'une caserne à Agadez a fait au moins 23 morts.

Jeudi 23 mai, l'attentat suicide près d'une caserne à Agadez a fait au moins 23 morts. - -

Jean-Yves Le Drian a déclaré que les forces spéciales françaises étaient intervenues vendredi à Agadez pour mettre un terme à la prise d'otages qui avait démarré la veille. L'assaut a tué au moins deux terroristes.

Les forces spéciales françaises sont intervenues vendredi matin à Agadez, dans le nord du Niger, pour y faire cesser la prise d'otages qui avait démarré jeudi après un attentat suicide contre une caserne, a annoncé vendredi Jean-Yves Le Drian. « A l'heure où je vous parle, la situation est stabilisée, en particulier à Agadez, où nos forces spéciales sont intervenues en soutien des forces nigériennes à la demande du président (nigérien) Mahamadou) Issoufou » a précisé le ministre de la Défense, interrogé par BFMTV.
Lors de cet assaut, qui s’est déroulé « à l’aube », au moins « deux terroristes, preneurs d'otages » sont morts, a-t-on appris auprès du ministère de la Défense, en soulignant qu’il s’agissait d’un « premier bilan ». Un peu plus tôt, le ministre de la Défense nigérien Mahamadou Karidjo avait affirmé que l'opération s'était achevée jeudi soir.

« Apporter tout notre appui en Afrique »

François Hollande a exprimé vendredi sa « solidarité à l'égard du président Issoufou et de la population du Niger », dans un discours sur la politique de défense de la France prononcé à l'Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN) à Paris. Il a de nouveau condamné les deux attentats-suicides perpétrés jeudi quasi simultanément contre un site nigérien du groupe nucléaire français Areva et contre l'armée nigérienne. Le bilan s'élève à une vingtaine de morts, essentiellement des militaires, dans le nord du Niger.
Pour François Hollande, dans le premier cas, les intérêts français ont été « directement visés » sur le site d'Areva à Arlit, et dans le second, des militaires nigériens, « parce qu'ils nous avaient appuyés, soutenus (dans l'intervention militaire au Mali, ndlr), ont été lâchement assassinés ». « C'est une preuve supplémentaire que le combat que nous engageons contre le terrorisme est un combat dans lequel tous les pays doivent à un moment ou à un autre être partie prenante dès lors qu'ils portent les valeurs qui sont les nôtres », a-t-il ajouté. « Et notamment en Afrique nous devons apporter toute notre solidarité, tout notre soutien, tout notre appui aux pays notamment de l'Afrique de l'ouest qui sont confrontés à ce fléau du terrorisme, et nous continuerons à le faire », a encore affirmé le chef de l'Etat.

Les deux attentats ont été revendiqués par les islamistes du Mujao et « supervisés » par le jihadiste algérien Mokhtar Belmokhtar, selon un porte-parole de son groupe. Le groupe de Belmokhtar a menacé de lancer de nouvelles attaques au Niger, dans un communiqué mis en ligne vendredi par des sites islamistes.

Claire Béziau, avec AFP