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Niger : « La France paye le prix fort de l'engagement au Mali »

Pour Noël Mamère, la France paye le prix fort de son engagement au Mali.

Pour Noël Mamère, la France paye le prix fort de son engagement au Mali. - -

Jeudi au Niger, le groupe djihadiste Mujao a revendiqué les deux attentats-suicides d’Arlit et d’Agadez, qui ont fait 23 morts et des dizaines de blessés. Le groupe terroriste a clairement visé la France pour son action au Mali. « Ne pas céder », prévient l'ancien juge antiterroriste Jean-Louis Bruguière.

Les menaces ont été mises à exécution. Une voiture piégée a explosé devant le site d'uranium d'Areva situé à Arlit au Niger, jeudi dans la matinée. Le kamikaze est mort et 13 employés du groupe sur les 2 700 salariés d’Areva au Niger ont été blessés. Dans le même temps, un autre attentat suicide s'est déroulé à Agadez, devant un camp militaire. 23 personnes (18 militaires, quatre kamikazes et un civil) ont été tuées. Le gouvernement nigérien a également annoncé 13 blessés dont six graves dans les rangs de l'armée. Des élèves officiers ont également été pris en otages par un cinquième assaillant qui a été maîtrisé dans la soirée.

« La France en guerre contre la charia »

Le Mujao, groupe djihadiste nigérien auteur de ces deux attaques de jeudi au Niger n’a pas caché ses intentions : viser la France et le Niger en réponse à leur action dans le nord du Mali. "Nous avons attaqué la France et le Niger pour sa coopération avec la France dans la guerre contre la charia", a expliqué le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest.
Dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères français a condamné "avec la plus grande fermeté" ces attentats. En janvier, Paris avait annoncé envoyer des forces spéciales pour protéger les sites d'exploitation d'uranium d'Areva au Niger, à Imouraren et Arlit.

« On ne cèdera pas à un chantage »

La menace d’attentat qui pèse sur les intérêts français en Afrique et au Niger en particulier en raison de l’intervention française au Mali est particulièrement importante, mais pour l‘ancien juge anti-terroriste Jean-Louis Bruguière, il ne faut pas céder car de toute façon les intérêts français sont menacés. « Aujourd’hui nos intérêts dans la zone sont menacés mais ils sont sécurisés, assure-t-il. Il faut que nos entreprises sachent qu’elles doivent continuer à opérer. Ne pas le faire serait jouer le jeu de l’adversaire. On ne cèdera pas à un chantage ou même à une spéculation sur la menace. Ce n’est pas parce que les troupes restent davantage ou qu’elles partent, si elles devaient le faire, que la menace baisserait pour autant. Si nous n’étions pas intervenus au Mali nous aurions un Etat taliban à nos portes ».

« Nous sommes en train de payer au prix le plus élevé le coût de notre intervention militaire »

En revanche, pour Noël Mamère, député Europe Ecologie Les Verts, la présence des troupes françaises au Mali ne calme pas les esprits et selon lui, le pays est de plus en plus menacé. « Aujourd’hui, explique le député maire de Bègles, les troupes françaises sont au Mali et je pense qu’elles vont avoir beaucoup de mal à se retirer du pays car les actes terroristes vont se multiplier. Et nous sommes en train de payer au prix le plus élevé notre intervention militaire, c’est pour ça que je pense qu’il ne fallait pas y aller. Et nous sommes donc là pour rester très longtemps sans doute. C’est ce qu’on appelle l’enlisement. Ça a eu lieu en Afghanistan et il est en train de se produire la même chose au Mali ».

Tugdual de Dieuleveult avec Johane Burgell