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Les promesses de Ben Ali n'apaisent pas la situation en Tunisie

En dépit de l'allocution télévisée du président tunisien Zine el Abidine Ben Ali, qui a promis lundi soir de favoriser la création de 300.000 emplois en deux ans, la Tunisie a connu de nouvelles émeutes dans la nuit de lundi à mardi dans certaines villes

En dépit de l'allocution télévisée du président tunisien Zine el Abidine Ben Ali, qui a promis lundi soir de favoriser la création de 300.000 emplois en deux ans, la Tunisie a connu de nouvelles émeutes dans la nuit de lundi à mardi dans certaines villes - -

par Tarek Amara TUNIS (Reuters) - La Tunisie a connu de nouvelles émeutes dans la nuit de lundi à mardi dans certaines villes parmi les plus pauvres...

par Tarek Amara

TUNIS (Reuters) - La Tunisie a connu de nouvelles émeutes dans la nuit de lundi à mardi dans certaines villes parmi les plus pauvres du pays, rapportent des témoins, malgré l'allocution télévisée du président Zine el Abidine Ben Ali.

Le président Ben Ali a promis lundi soir de favoriser la création de 300.000 emplois en deux ans pour calmer l'agitation de la jeunesse, qui dénonce le chômage de masse.

Les violences, qualifiées par le président d'"acte terroriste (...) dirigé par des éléments étrangers", ont fait 14 morts durant le week-end selon un bilan officiel, 23 selon Amnesty International et 35 selon la Tunisienne Souhayr Belhassen, présidente de la Fédération internationale des Droits de l'homme (FIDH) citée sur France Inter.

Pour endiguer la contestation étudiante, le gouvernement a ordonné la fermeture de toutes les écoles et universités du pays à partir de mardi et jusqu'à nouvel ordre.

Le gouvernement tunisien est confronté à une mobilisation persistante qui se double d'une pression diplomatique nouvelle depuis l'annonce du lourd bilan humain du week-end.

Dans les villes défavorisées d'El Kef, dans le Nord-Ouest, et de Gafsa, plus au sud, le discours de Ben Ali a été suivi de manifestations, dispersées à coups de gaz lacrymogènes par la police anti-émeutes selon plusieurs témoins.

De violentes manifestations se sont également produites lundi dans la ville côtière de Bizerte, pour la première fois depuis le début de l'agitation sociale fin décembre.

Le déploiement de l'armée a semblé porté ses fruits à Thala, Kassérine, Seliana, Regueb et Meknassi, où aucune émeute nouvelle n'a été rapportée.

PRESSION DIPLOMATIQUE

La vie a également paru reprendre son cours normal à Tunis, où, fait rare, des étudiants ont manifesté lundi. La présence policière a cependant été renforcée dans la capitale en prévision d'une manifestation de journalistes, qui fait suite à une grève des avocats très suivie la semaine dernière.

Après le discours télévisé de Ben Ali lundi soir, le deuxième depuis le début de la crise, les Tunisiens ont commencé à se présenter au compte-gouttes dans les agences d'emploi.

"Le discours du président nous a donné un nouvel espoir", dit Hamdi, qui fait la queue devant une agence de Sidi Bouzid, la ville où les manifestations ont commencé.

"J'ai un master d'économie et je suis au chômage depuis quatre ans. J'espère avoir de la chance et trouver un travail bientôt", ajoute-t-il.

Le président Ben Ali a annoncé une création globale de 300.000 emplois d'ici la fin 2012, dont 50.000 dans le secteur privé en échange de réductions d'impôts et de cotisations sociales pour les employeurs pendant dix ans.

Le gouvernement a également contesté lundi les accusations de restriction des libertés publiques, qui ne viennent plus des seules ONG.

Le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, a dit son inquiétude devant l'escalade de la violence et appelé à la retenue.

L'Union européenne a également appelé lundi "au respect des libertés fondamentales", tandis que Paris, partenaire historique de Tunis, déplorait pour la première fois les violences et le bilan humain des affrontements du week-end.

Avec le service France, Clément Guillou pour le service français, édité par Gilles Trequesser