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Les forces de Mouammar Kadhafi dans Benghazi

Insurgés libyens à Benghazi. Bravant la résolution du Conseil de sécurité de l'Onu et les préparatifs intensifs d'une intervention militaire internationale, les forces de Mouammar Kadhafi sont entrées samedi dans la ville, soumise selon les rebelles à d'i

Insurgés libyens à Benghazi. Bravant la résolution du Conseil de sécurité de l'Onu et les préparatifs intensifs d'une intervention militaire internationale, les forces de Mouammar Kadhafi sont entrées samedi dans la ville, soumise selon les rebelles à d'i - -

par Mohammed Abbas et Angus MacSwan BENGHAZI, Libye (Reuters) - Bravant la résolution du Conseil de sécurité de l'Onu et les préparatifs intensifs...

par Mohammed Abbas et Angus MacSwan

BENGHAZI, Libye (Reuters) - Bravant la résolution du Conseil de sécurité de l'Onu et les préparatifs intensifs d'une intervention militaire internationale, les forces de Mouammar Kadhafi sont entrées samedi dans Benghazi, soumise selon les insurgés à d'intenses tirs d'artillerie.

"Ils sont entrés dans Benghazi", a dit un porte-parole militaire des rebelles dans leur bastion de l'Est libyen. Un journaliste de Reuters sur place a vu une explosion près du siège du Conseil national de transition mis en place par les insurgés.

Selon les rebelles, la totalité de la ville est soumise à des tirs d'artillerie et le président du Conseil national de transition a reproché à la communauté internationale de tarder à agir pour faire cesser "l'extermination des civils".

"Il y aura aujourd'hui une catastrophe à Benghazi si la communauté internationale ne met pas en oeuvre les résolutions du Conseil de sécurité de l'Onu", a poursuivi sur Al Djazira Moustafa Abdeldjeïl, ancien ministre de la Justice de Kadhafi passé dans les rangs de l'insurrection.

La résolution 1973, adoptée jeudi soir, exige un cessez-le-feu immédiat et autorise une intervention militaire en Libye.

A Paris, où une réunion internationale consacrée à la crise libyenne se tiendra en début d'après-midi en présence notamment d'Hillary Clinton, David Cameron et Angela Merkel, une source militaire française a déclaré qu'il fallait "bouger rapidement". "Le dispositif est prêt, la décision est politique maintenant", ajoute-t-elle.

KADHAFI MET EN GARDE

Le régime libyen, qui a décrété vendredi un cessez-le-feu immédiat, affirme lui qu'il se conforme aux exigences formulées par l'Onu. "Il n'y a aucune attaque d'aucune sorte sur Benghazi. Comme nous l'avons dit, nous respectons le cessez-le-feu et nous souhaitons la venue d'observateurs internationaux", a dit Moussa Ibrahim, porte-parole du gouvernement libyen, à Reuters, accusant les rebelles de chercher à provoquer une intervention militaire étrangère.

L'agence officielle de presse a assuré pour sa part que les forces régulières libyennes étaient attaquées par des "bandes d'Al Qaïda" à proximité de Benghazi.

Un porte-parole des rebelles a fait état de bombardements à proximité de la ville de Zentane, dans l'ouest du pays.

Le cessez-le-feu affiché par Tripoli n'a pas convaincu les Etats-Unis, la France ou la Grande-Bretagne.

Et la réunion organisée samedi à Paris avec l'Union européenne, la Ligue arabe et l'Union africaine, s'annonce décisive, l'ambassadeur de France aux Nations unies, Gérard Araud, évoquant une intervention militaire dans les heures qui suivront le sommet.

"Les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France, nous avons également lancé un ultimatum sur le cessez-le-feu et nous avons posé des conditions. Donc j'imagine qu'après le sommet, je pense que dans les heures qui suivront, nous lancerons une intervention militaire", a déclaré le diplomate dans une interview diffusée dans la nuit de vendredi à samedi par la BBC.

Cette intervention consisterait notamment à clouer au sol l'aviation libyenne, à détruire les systèmes de défense anti-aérienne, à couper les communications des forces de Kadhafi et à entraver leurs déplacements, dit-on de sources diplomatiques.

Face à cette brusque accélération diplomatique après des semaines de divisions et d'atermoiement, Mouammar Kadhafi a lancé une mise en garde, estimant que la résolution de l'Onu relevait d'un "colonialisme flagrant" et qu'il y aurait des "conséquences importantes en Méditerranée et en Europe".

Avec Maria Golovnina et Michael Georgy à Tripoli, Tom Perry au Caire, Avril Ormsby à Londres et John Irish à Paris; Marine Pennetier, Bertrand Boucey et Henri-Pierre André pour le service français