BFMTV

Le G8 menace Kadhafi sans mentionner d'action militaire

Le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé aux côtés de son homologue allemand Guido Westerwelle, lors d'une réunion des chefs de la diplomatie du G8, à Paris. Dans un projet de déclaration obtenu par Reuters, le G8 menace Mouammar Kadhafi de conséqu

Le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé aux côtés de son homologue allemand Guido Westerwelle, lors d'une réunion des chefs de la diplomatie du G8, à Paris. Dans un projet de déclaration obtenu par Reuters, le G8 menace Mouammar Kadhafi de conséqu - -

par Elizabeth Pineau et Emmanuel Jarry PARIS (Reuters) - Le G8 menace Mouammar Kadhafi de conséquences "extrêmes" s'il ignore les aspirations du...

par Elizabeth Pineau et Emmanuel Jarry

PARIS (Reuters) - Le G8 menace Mouammar Kadhafi de conséquences "extrêmes" s'il ignore les aspirations du peuple libyen à la démocratie, mais ne va pas jusqu'à prôner une action militaire, dit un projet de déclaration obtenu par Reuters.

Les ministres des Affaires étrangères du G8, réunis à Paris, demandent au dirigeant libyen de "respecter les aspirations légitimes du peuple libyen aux droits fondamentaux, à la liberté d'expression et une forme de gouvernement représentatif".

Faute de quoi, Mouammar Kadhafi sera confronté à des "conséquences extrêmes", disent-ils, sans toutefois mentionner des mesures précises, notamment militaires, pour protéger la population civile libyenne.

Un paragraphe évoquant une "gamme de mesures pour assurer la protection de la population libyenne" et la demande de la Ligue arabe en faveur d'une zone d'exclusion aérienne a été supprimé à la demande de l'Allemagne et de la Russie, dit-on de source proche des négociations.

"L'Allemagne est très sceptique à l'idée d'une zone d'exclusion aérienne", a déclaré à des journalistes le ministre allemand, Guido Westerwelle. "Nous ne voulons pas être impliqués dans une guerre en Afrique du Nord."

"Une intervention militaire n'est pas la solution. De notre point de vue, c'est très difficile et dangereux", a-t-il ajouté.

ACCROÎTRE LA PRESSION

L'Union européenne s'était déclarée vendredi prête à examiner "toutes les options nécessaires" pour assurer la sécurité des civils libyens mais sans parvenir à surmonter les réticences de certains membres concernant une action militaire.

La complexité et les délais de mise en oeuvre d'une zone d'exclusion aérienne avaient amené Nicolas Sarkozy à proposer des frappes ciblées pour clouer au sol l'aviation de Kadhafi.

Entre ces deux types de mesures, toute une gamme d'actions peut être envisagée, dit-on de source diplomatique.

Le G8 se contente cependant d'affirmer que le Conseil de sécurité de l'Onu doit "accroître la pression, y compris par des mesures économiques, pour faire partir M. Kadhafi", lit-on dans le projet de déclaration finale.

Selon une source proche des négociations, les discussions n'étaient toutefois pas terminées à la mi-journée et ce texte était encore susceptible d'être amendé.

La France, qui assume la présidence du G8, avait haussé le ton pour tenter d'arracher à ses partenaires un accord sur le vote d'une résolution au Conseil de sécurité de l'Onu autorisant des actions militaires en Libye.

L'absence d'intervention militaire internationale permet au régime de Mouammar Kadhafi de se renforcer, a déploré le chef de la diplomatie française, Alain Juppé, mardi matin sur Europe 1.

"Le colonel Kadhafi marque des points. Si nous avions utilisé la force militaire la semaine dernière (...), peut-être que le renversement en la défaveur de l'opposition ne se serait pas passé", a-t-il expliqué. "Nous avons peut-être laissé passer une chance de rétablir la balance."

LE G8 PRÊT À AIDER LE JAPON

Mouammar Kadhafi, dont les forces avancent vers les derniers bastions de l'opposition libyenne, menace de prendre de vitesse une communauté internationale hésitante sur la conduite à tenir pour protéger la population civile d'une répression meurtrière.

Le président Nicolas Sarkozy avait reçu lundi soir la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton et les autres ministres des Affaires étrangères du G8 (France, Allemagne, Italie, Russie, Canada, Japon, Grande-Bretagne), qui se sont ensuite retrouvés au Quai d'Orsay pour un dîner de travail.

"Pour l'instant je ne les ai pas convaincus", constatait mardi matin Alain Juppé avant la reprise des discussions en l'absence de Hillary Clinton, attendue au Caire et représentée par son adjoint, William Burns.

Dans leur projet de déclaration les Huit se disent prêts à fournir une assistance budgétaire à court terme à l'Egypte et à la Tunisie, dont les présidents Hosni Moubarak et Zine Ben Ali ont été chassés par la rue depuis le début de l'année.

A l'heure où une catastrophe nucléaire semble menacer le Japon à la suite du séisme et du tsunami de vendredi, les ministres du G8 ont par ailleurs déclaré "faire confiance" aux autorités japonaises pour faire face à la crise.

Ils se disent prêts à agir pour aider le Japon, y compris via l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

Avec John Irish, Tim Hepher, Laure Bretton et Marc Angrand, édité par Gilles Trequesser