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Vol Paris-Le Caire: des fumées détectées près du cockpit

Un avion de la compagnie EgyptAir s'est écrasé dans la nuit de mercredi à jeudi, en Méditerranée, alors qu'il effectuait la liaison Paris-Le Caire.

Un avion de la compagnie EgyptAir s'est écrasé dans la nuit de mercredi à jeudi, en Méditerranée, alors qu'il effectuait la liaison Paris-Le Caire. - AFP

Le BEA français a confirmé, ce samedi matin, des informations des médias américains rapportant que des fumées ont été détectées à proximité du cockpit de l'Airbus A320 d'EgyptAir, qui s'est abîmé jeudi en Méditerranée avec 66 personnes à bord, alors qu'il effectuait la liaison Paris-Le Caire.

Un feu s'était-il déclaré dans l'avion EgyptAir qui s'est écrasé jeudi en Méditerranée, alors qu'il reliait Paris au Caire? L'Airbus A320, qui transportait 66 personnes, a envoyé des messages automatiques signalant des fumées près du cockpit de l'appareil, ont rapporté vendredi des médias américains. Une information confirmée en début de matinée ce samedi par le Bureau d'Enquêtes et d'Analyses français (BEA). 

"Le BEA confirme qu'il y a eu des messages Acars émis par l'avion indiquant qu'il y eu de la fumée en cabine peu avant la rupture des transmissions de données", a déclaré un porte-parole à l'AFP.

"Fumée intense" près d'un ordinateur de contrôle

L'un de ces messages mentionne qu'"une fumée intense a déclenché des alarmes dans la partie avant de l'appareil, où sont situées des parties vitales de son électronique de bord", selon le Wall Street Journal, qui cite des sources proches de l'enquête non identifiées.

"Les messages d'erreur durent environ deux minutes, alertant l'équipage au sujet de fumée détectée dans des toilettes et un compartiment" situé sous le plancher du cockpit de l'avion, selon le WSJ. "Ce compartiment contient une partie cruciale de l'ordinateur de contrôle de vol" de l'appareil qui, selon les messages, s'est mis "à mal fonctionner", a poursuivi le quotidien. 

Il a relevé que ces indications "ne sont pas suffisantes pour déterminer si l'avion a été victime d'une bombe ou d'autres causes inexpliquées". 

Sept messages en tout ont été envoyés par le boîtier Acars, "qui capte des centaines d'informations et les envoient par satellite à la compagnie aérienne, en temps réel", explique Jean Serrat, le consultant aéronautique de BFMTV. Outre les dégagements de fumée, le boîtier a également signalé le dysfonctionnement du capteur de température et du chauffage de deux pare-brises, ainsi que du boîtier de pilotage automatique du co-pilote.

Pas de trace d'explosion brutale, selon le Pentagone

Des sièges d'avion et des valises ont été repêchés vendredi au large des côtes égyptiennes. Plus de quarante-huit heures après les faits, les circonstances du crash de l'appareil qui reliait Paris au Caire restent toujours inexpliquées. Le vol MS804 a brusquement disparu des écrans radar alors qu'il survolait, sans problème apparent et dans un ciel clair, la Méditerranée orientale. L'avion transportait 66 personnes, parmi lesquelles notamment 30 Egyptiens et 15 Français.

Plusieurs responsables américains interrogés vendredi ont affirmé que le Pentagone et les services des renseignement américains n'avaient pas détecté de traces d'explosion brutale de l'avion, comme cela avait été le cas pour l'A321 russe disparu au-dessus du Sinaï en novembre 2015.

A l'époque, un satellite américain avait détecté un éclair de chaleur dans la zone de disparition de l'avion. Le groupe Daesh avait ensuite revendiqué avoir placé un engin explosif dans l'avion.

Le porte-parole du Pentagone Jeff Davis a indiqué vendredi que l'administration américaine n'avait pas d'élément tangible sur le drame, malgré les moyens de surveillance dont elle dispose. "Nous ne pouvons être précis sur nos moyens de renseignement, mais nous n'avons pas d'information qui suggère une cause particulière" à la disparition de l'avion, a-t-il déclaré.

A.S. avec AFP