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Ebola: un premier cas au Nigeria et un autre à Freetown, en Sierra Leone

Une infirmière ougandaise, chargée de soigner des patients atteints d'Ebola (illustration)

Une infirmière ougandaise, chargée de soigner des patients atteints d'Ebola (illustration) - -

Le virus Ebola sévit en Afrique de l'Ouest depuis plusieurs mois. Il s'est étendu ce week-end à la la capitale de la Sierra Leone et au Nigeria. Selon l'OMS, à la date du 20 juillet, 1.093 cas avaient été signalés, dont 660 mortels.

La Sierra Leone a confirmé dimanche un premier cas de fièvre Ebola dans sa capitale Freetown, jusque-là épargnée, au surlendemain de l'annonce du premier cas au Nigeria.

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), la Sierra Leone est le nouvel épicentre de l'épidémie de fièvre hémorragique, en grande partie due au virus Ebola, qui sévit en Afrique de l'Ouest depuis mars et poursuit sa progression - Guinée au départ, puis Sierra Leone, Liberia, et maintenant Nigeria - malgré une forte mobilisation internationale. Elle a fait au moins 660 morts.

Le porte-parole du ministère sierra-léonais de la Santé, Sidi Yahya Tunis, a expliqué dimanche que Saudatu Koroma, une apprentie coiffeuse de 32 ans, était décédée samedi de l'Ebola. Elle avait été hospitalisée mercredi dans la banlieue ouest de Freetown, mais vendredi, "son père et sa mère l'ont emmenée de force", poussant les autorités à diffuser des avis de recherche à la télévision et à la radio, a indiqué Sidi Yahya Tunis. Cela l'avait convaincue de retourner à l'hôpital, mais elle est morte en chemin.

La capitale serait sous surveillance

Selon Sidi Yahya Tunis, "des échantillons de sang prélevés sur le père et la mère sont en cours d'analyse". La maison où elle habitait, dans l'est de Freetown, et tous ses habitants ont été placés en quarantaine pour 21 jours, durée maximale de la période d'incubation. L'épidémie touchait jusque-là essentiellement l'est du pays, dans les régions de Kenema et Kailahun.

A Freetown, aucun dispositif de prévention n'était visible dimanche et les habitants apparemment indifférents vaquaient à leurs occupations, a constaté un journaliste de l'AFP. Au ministère de la Santé, on assure cependant que la capitale est sous surveillance accrue et que les campagnes d'information ont été intensifiées. Un centre de traitement dédié au virus Ebola est en cours d'installation dans l'hôpital Lakka (banlieue ouest).

"Deux groupes sont les plus exposés : les proches (des malades) et les personnels de santé", résume un porte-parole de l'OMS, Tarik Jasarevic, actuellement en Sierra Leone. Selon l'OMS, à la date du 20 juillet, 1.093 cas avaient été signalés, dont 660 mortels. Le bilan était de 454 cas dont 219 mortels en Sierra Leone, 415 dont 314 mortels en Guinée, et 224 dont 127 mortels au Liberia.

Vendredi, le Nigeria avait annoncé qu'un ressortissant libérien était mort de fièvre Ebola à Lagos, la plus grande ville d'Afrique. C'est le premier cas signalé au Nigeria (près de 180 millions d'habitants), qui a placé tous ses ports et aéroports en alerte.

Jé. M. et A. D. avec AFP