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Acciaroli, le village italien où il fait bon vieillir

Antonio Vassallo, 100 ans, et sa femme Amina Fedollo, 93 ans.

Antonio Vassallo, 100 ans, et sa femme Amina Fedollo, 93 ans. - MARIO LAPORTA - AFP

A Acciaroli, village du sud de l'Italie, un habitant sur soixante est âgé d'au moins 90 ans. Une longévité qui a intéressé une équipe de scientifiques.

Acciaroli, c’est le nom de ce village de 1.000 habitants environ, niché à cet endroit où la péninsule italienne commence à se chausser d’une botte, en Campanie. Et ce n’est pas pour son soleil ou ses plages que ce port de pêche fascine mais pour la longévité de ses habitants. Le New York Times revient ainsi sur l’étude conduite dans cette localité par des chercheurs, curieux de comprendre comment tant de ces villageois pouvaient tromper la mort aussi longtemps. Les chiffres sont en effet impressionnants: un habitant sur soixante est âgé d’au moins 90 ans. En septembre, selon le site de 20 Minutes, on y comptait 81 centenaires. A titre de comparaison, il y en avait 15.000 en 2010 en France noyés dans une population globale de 66 millions personnes, soit 0,022%.

Toujours du coeur à l'ouvrage

Et les personnes âgées d’Acciaroli sont, en plus, en excellente santé: pas de problème de cataracte en vue, peu de fractures, une très bonne forme cardiaque. Et il en faut du cœur pour parcourir quotidiennement les chemins pentus du village. Il en faut aussi pour continuer à mener une activité sexuelle soutenue passé un certain âge. Or, d’après ce qu’ils ont déclaré aux scientifiques, les seniors locaux sont encore très ardents.

Giuseppe Vassallo, aujourd’hui âgé de 94 ans, est ainsi cité par le journal américain comme ayant soigné le chagrin consécutif à la mort de sa femme en multipliant les conquêtes, alors qu’il avait déjà 86 ans. Le docteur Alan Maisel, cardiologue et professeur de l’université de San Diego qui a participé à l’enquête, raconte une scène de drague par une femme visiblement âgée de plus de 90 ans.

Génétique et romarin

La constitution génétique des habitants y est sans doute pour quelque chose. Ils bénéficient en effet d’une excellente microcirculation et ont un taux très réduit d’adrénomedulline, une hormone qui élargit les cellules sanguines et que les gens produisent habituellement de plus en plus en vieillissant.

Ce n’est pas tout. Les cas d’Alzheimer sont très rares parmi les individus les plus avancés en âge de la commune. Les savants y voient entre autres l’influence bénéfique du régime alimentaire méditerranéen. Et tout particulièrement, celle d’une herbe. Le Romarin d’Acciaroli est très réputé et est sensiblement plus fort que ses semblables cultivés ailleurs. Les résidents des lieux en consomment énormément et ça leur va plutôt bien car on estime que le romarin renforce les fonctions cérébrales. Vieillir sans décliner, une certaine idée de la dolce vita.

R.V.