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Un mois après la fin de la trêve hivernale, les expulsions locatives inquiètent les associations

Fin de la trêve hivernale: les associations s'inquiètent des expulsions

Fin de la trêve hivernale: les associations s'inquiètent des expulsions - Pixabay

Christophe Robert, délégué général de la fondation Abbé Pierre et porte-parole du collectif des associations unies demande "à la ministre du Logement, Emmanuelle Wargon de réaffirmer auprès des préfets que tout doit être mis en oeuvre pour éviter au maximum les expulsions locatives".

Inquiet face à la multiplication des expulsions locatives, un collectif rassemblant les associations d'aide aux plus démunis a réclamé un moratoire sur les expulsions dans les squats et bidonvilles, un mois après la fin de la trêve hivernale, repoussée en raison de la crise sanitaire. "On risque d'aller vers des moments très difficiles", a alerté lors d'une conférence de presse Christophe Robert, délégué général de la fondation Abbé Pierre et porte-parole du CAU (collectif des associations unies), qui rassemble une trentaine d'organisations.

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"Nous demandons à la ministre du Logement, Emmanuelle Wargon de réaffirmer auprès des préfets que tout doit être mis en oeuvre pour éviter au maximum les expulsions locatives", a-t-il ajouté, préoccupé par la "multiplication des accords" d'expulsion entre les préfectures et les forces de l'ordre. A ce jour, quelque 30.000 ménages locataires et 20.000 habitants de lieux de vie informels (squats et bidonvilles) "risquent potentiellement de perdre leur logement ou leur abri dans les semaines et mois à venir", a alerté le CAU dans un communiqué.

Depuis le 1er juin, date décalée de la fin de la trêve hivernale (contre le 1er avril avant la pandémie), le collectif a identifié une soixante de ménages ayant reçu une notification d'expulsion locative. Une centaine d'expulsions dans les lieux de vie informels ont également été comptabilisées, selon cette même source.

Application stricte des instructions ministérielles

Face à cette situation, les associations plaident pour une application stricte des instructions ministérielles, prévoyant que toute expulsion soit assortie d'une proposition de relogement ou d'hébergement. Le collectif demande également l'instauration d'un "moratoire des expulsions des lieux de vie informels sans solutions jusqu'au 31 octobre 2021".

La CAU a toutefois "salué" les efforts du gouvernement en matière de politique d'hébergement depuis le début de la crise sanitaire. "Une majorité de personnes ont été hébergées et ont pu se stabiliser dans leur hébergement sur cette période et c'est une satisfaction très forte", a souligné Florent Guéguen, directeur général de la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS).

Fin mai, le gouvernement avait annoncé qu'il gardait ouvertes jusqu'à fin mars 2022 les 43.000 places d'hébergement d'urgence créées depuis le premier confinement. Trente millions d'euros supplémentaires ont par ailleurs été alloués aux fonds de solidarité logement (FSL) des départements, destinés à financer des aides pour prévenir les impayés. En 2020, 3.500 ménages ont été expulsés de leur logement, contre près de 17.000 en 2019, a rappelé Christophe Robert.

Avec AFP

D. L.