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Inondations sur la Côte d'Azur : l'immobilier pointé du doigt

Vue de Cannes

Vue de Cannes - Wikimedia Commons

Après les intempéries du week-end dernier, les dégâts, bien que pas encore chiffrés, sont importants. Et l'urbanisation galopante de la région a sans doute sa part de responsabilité.

Pas de champs et de terrains, mais du béton un peu partout. Après les fortes pluies qui sont tombées dans la nuit de samedi à dimanche, l'équivalent de plus d'un mois de précipitations dans certaines zones, l'heure est au questionnement autour de l'immobilier azuréen. Celui-ci ne cesse de s'étendre, depuis les années 1970, et pour une bonne partie est bâti en zone inondable. C'est le cas à Cannes, où 30% de la commune est concernée, Vallauris (26%), Biot (22%) ou encore Mandelieu (19%), explique à France TV Christine Voiron-Canicio, géograhe au CNRS de Nice. Autant de villes particulièrement secouées par les intempéries.

Des sols imperméabilisés

L'ex -ministre du Logement Cécile Duflot a été l'une des premières à mettre en cause la main de l'homme lundi, sur France Info, déplorant "les conséquences d'une urbanisation qui a imperméabilisé les sols, ce qui favorise que l'eau ne soit pas absorbée et qu'on ait ce type de catastrophe". Certains météorologues pointent pour leur part la densité des zones urbaines. Frédéric Decker, météorologue à MeteoNews, explique ainsi aux Dernières Nouvelles d'Alsace que "dans le cas du littoral de la côte d’Azur, il existe un facteur aggravant : la densité des zones urbaines. La pluie n’a pas pénétré le sol, a ruisselé sur le bitume".

Même si l'immobilier n'est sans doute pas le seul élément d''origine humaine a avoir contribué au drame : Jean Jouzel, climatologue et membre du GIEC, explique à La Dépêche disposer d' "arguments solides pour dire qu'à l'avenir, il y a des chances que ces phénomènes soient plus intenses, tout simplement à cause du réchauffement de la Méditerranée".

La sécurité, une question prioritaire

Reste que la pression immobilière, très forte dans cette région, a conduit les pouvoirs publics à élaborer des Plans de prévention des risques imposant des règles aux nouvelles constructions. Leur contour est-il trop flou, sont-ils mal appliqués ? "Il y a des intérêts financiers considérables, dont certains sont parfaitement illicites. Il n'en demeure pas moins que la question de la sécurité devient une question prioritaire", explique à France TV Corinne Lepage, présidente de Rassemblement citoyen - Cap21. S'il est encore trop tôt pour estimer le coût des dégâts, il n'est sans doute pas trop tard, donc, pour se poser les bonnes questions.

Léo Monégier