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Taux en baisse, volonté de prêter… Les bonnes nouvelles de la rentrée en matière de crédit immobilier

Les voyants sont au vert pour cette rentrée.

Les voyants sont au vert pour cette rentrée. - Olivier Morin

Cette rentrée semble débuter sous de bons auspices pour le marché du crédit immobilier. En cette rentrée 2021, Vousfinancer a fait un tour d'horizon et c'est le constat que le courtier en retire. Mais cet élan durera-t-il?

• Des taux en baisse

Tout d'abord, Vousfinancer constate que les taux de crédit immobilier baissent encore, jusqu'à 0,20% pour certaines banques. "Des baisses significatives donc dans certains établissements qui n'avaient pas fait évoluer leurs barèmes depuis plusieurs mois, ou dans d'autres, uniquement sur les meilleurs profils. Certaines banques proposent ainsi des taux à 0,70 % sur 20 ans, avant négociations ! Dans les autres banques, les taux restent globalement stables, avec toujours des possibilités de baisses au cas par cas, pour les profils les plus attractifs", précise Vousfinancer.

Ainsi, les taux moyens sont actuellement de 0,95 % sur 15 ans, 1,10 % sur 20 ans et 1,35 % sur 25 ans, un niveau record ! Pour les meilleurs profils, il est même possible emprunter à moins de 1 % quelle que soit la durée (0,50 % sur 15 ans, 0,70 % sur 20 ans et 0,90 % sur 25 ans au mieux).

• Des délais de traitement qui retrouvent leur niveau

Autre bonne nouvelle, les délais de traitement des dossiers de crédit dans les banques retrouvent leur niveau. "Le personnel des banques a profité de l'accalmie du mois d'août pour gérer les dossiers de crédit en attente et traiter ainsi le stock de dossiers, permettant de revenir sur des délais très rapides. Il est de nouveau possible, dans certaines banques, une fois le dossier de prêt complet déposé, d'obtenir un accord de principe sous quelques jours, un accord ferme sous 10 jours avec des offres de prêt émises 2 à 3 semaines après".

• Détente sur les conditions d'octroy

Par ailleurs, Vousfinancer a constaté une certaine détente des conditions d'octroi de crédit au 1er semestre, notamment concernant le taux d'endettement, certains beaux profils d'emprunteurs parvenant à emprunter jusqu'à 38%, voire même 39% d'endettement. Mais cela va-t-il durer? "La question en cette rentrée est de savoir si la marge de flexibilité accordée par le Haut conseil de stabilité financière de 20% de la production a bien été respectée. C'est ce que devrait déterminer le bilan effectué par l'autorité de contrôle prudentiel cet été", précise le courtier. Si cela n'a pas été le cas, des sanctions, probablement financières, pourraient être appliquées afin d'inciter ces établissements à rentrer dans le rang, et par conséquent adopter des normes plus strictes sur la fin de l'année.

"Plusieurs de nos partenaires bancaires nous ont indiqués avoir respecté la marge de flexibilité du HCSF et être donc bien 'dans les clous'. Concernant ceux-là au moins, il n'y pas donc pas de raisons qu'ils durcissent leurs conditions d'octroi de crédit dans les prochaines semaines... ", analyse Sandrine Allonier, directrice des études de Vousfinancer.

• Record pour les productions de crédits

En juillet 2021, la production de crédits nouveaux à l'habitat, hors renégociations, liée uniquement à des transactions immobilières, a atteint un niveau inédit pour un mois estival à 20,4 milliards d'euros après 21,3 milliards d'euros, en juin, un niveau déjà record, selon les chiffres de la Banque de France. Sur les 7 premiers mois de l'année 2021, la production de crédits atteint un niveau record de 131,1 milliards d'euros hors renégociations, contre 101,3 milliards d'euros à la même période en 2020, soit une hausse de 30%.

• Quid des mois à venir?

Si les voyants sont aujourd'hui au vert, le courtier reste prudent. Julie Bachet, directrice générale de Vousfinancer, rappelle que "le manque d'offres de biens et la forte hausse des prix qui en découle dans certaines villes jusqu'ici encore abordables pourrait venir ternir ce tableau dans les prochains mois, et exclure du marché certains primo-accédants que même les taux toujours aussi bas ne suffiront plus à re solvabiliser".

https://twitter.com/DianeLacaze Diane Lacaze Journaliste BFM Éco