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Bâtiment : La relance est-elle menacée par la pénurie de matières premières?

Bâtiment: la pénurie et la flambée des prix des matériaux menacent la relance

Bâtiment: la pénurie et la flambée des prix des matériaux menacent la relance - Philippe Huguen - AFP

La pénurie de matériaux et la hausse des prix qui en résulte menacent la relance. Les professionnels du bâtiment s'inquiètent.

Article du 22 juin, mis à jour le 23 juin.

Les professionnels du bâtiment ont mis en garde contre la menace que constituent la pénurie et la hausse des prix des matériaux sur la relance de l'activité, après une "reprise réussie" en 2021. "La relance est bien là. En revanche, à cause de ce déséquilibre mondial sur les matériaux, les +11% (d'activité) sont menacés", a alerté Olivier Salleron, président de la Fédération française du bâtiment (FFB), lors d'une conférence de presse.

Sur BFM Business, Olivier Salleron précise : "Il y a urgence. Il faut que l'Etat nous aide sur quelques mois".

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L'activité du secteur a en effet progressé, comme anticipé, d'environ 11% sur un an au cours du premier semestre, mais elle reste encore inférieure de 5% à son niveau de début 2019. Les chiffres sont ainsi dans le vert pour les mises en chantier de logements individuels et collectifs (+4,2% par rapport au premier quadrimestre 2019) et pour les autorisations de permis (+1%). "L'emploi tient", a par ailleurs indiqué la FFB, précisant que 48.100 postes avaient été créés au premier trimestre 2021, dont 43.200 salariés.

Gel des pénalités en cas de retard de livraison sur les marchés publics

Toutefois, cette dynamique ne pourra se poursuivre que "si les difficultés d'approvisionnement croissantes auxquelles sont confrontées les entreprises de bâtiment se règlent rapidement", a mis en garde l'organisation. Selon la fédération, la sortie de crise est attendue pour fin 2021, voire début 2022, "alors qu'on espérait l'été 2021".

Pour limiter les conséquences de la hausse des prix et des pénuries sur le secteur, le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a annoncé la semaine dernière le gel des pénalités en cas de retard de livraison sur les marchés publics. Une annonce jugée "totalement insuffisante" par la FFB, qui propose une extension du gel des pénalités de retard sur tous les marchés (publics et privés) ainsi qu'une prise en charge intégrale par l'État de l'activité partielle des salariés, "comme ça s'est passé l'année dernière pour le Covid".

Elle réclame également la mise en place de deux crédits d'impôts afin d'amortir les éventuelles pertes subies en 2021 et de contrebalancer la hausse des prix des matériaux. "Aujourd'hui, on a besoin d'amortir ce choc qui est peut-être plus grave que le Covid", a affirmé Olivier Salleron. "Certains chantiers peuvent être non commencés ou abandonnés parce que les pénalités coûteront moins cher que de mener le chantier à son terme", a-t-il expliqué.

Sur BFM Business, Olivier Salleron ajoute que ces crédits d'impôts sont indispensables pour que les entreprises survivent les 4 ou 5 mois prochains. Il rappelle que "le bâtiment a tenu l'économie. Si on enlève un pilier, l'économie tombe".

Avec AFP

D. L.