BFM Immo

Trains: derrière l'arrivée de la concurrence, la bataille des mètres carrés dans les gares

Guichets, automates, locaux techniques, douches... Le gestionnaire des gares ferroviaires, filiale de la SNCF, va devoir adapter les gares pour l'arrivée de nouvelles compagnies.

"Ma mission, c'est d'accueillir tous les transporteurs avec équité". Marlène Dolveck, directrice générale de SNCF Gares & Connexions doit faire de la place pour accueillir les nouveaux opérateurs ferroviaires, à commencer par Trenitalia à partir de samedi. Le gestionnaire des gares doit trouver des mètres carrés dans ses bâtiments pour caser des guichets, des automates, des locaux techniques et des espaces de repos pour les employés. Il faut aussi adapter la signalétique.

En l'occurrence, Trenitalia va installer, comme en Italie, des petits kiosques mobiles où les clients peuvent acheter des billets. Gare de Lyon à Paris, la compagnie italienne garde la petite boutique qu'avait Thello (sa filiale française, rebaptisée depuis Trenitalia France) du temps des trains de nuit.

L'information des voyageurs doit aussi être adaptée. "En situation perturbée, on va parler en italien. On a dû former des agents", relève la patronne des gares. "Ils paient le même péage que les autres, puisque le Document de référence des gares est le même pour tous les transporteurs ferroviaires", insiste Mme Dolveck.

"C'est le même prix au mètre carré. On n'a pas le droit de favoriser un opérateur au détriment d'un autre, et on est contrôlés par le régulateur", ajoute-t-elle, notant que la SNCF "paie, et beaucoup plus cher" pour ses vastes espaces Gare de Lyon.

Adapter les services aux trains de nuit

"Le sujet dans la durée, ça va être l'espace. Si on se projette dans dix ans, avec plusieurs transporteurs, est-ce qu'il ne faudra pas mutualiser les espaces de vente, comme dans les aéroports?", s'interroge-t-elle.

Après Trenitalia, d'autres compagnies ont annoncé leur intention de défier la SNCF sur les rails français ces prochaines années, comme la coopérative Railcoop, Midnight Trains --des trains de nuit haut de gamme-- ou l'espagnole Renfe.

Le retour en vogue des trains de nuit, aussi, devrait amener les gares à s'adapter. En installant des douches comme à Paris-Austerlitz, ou prosaïquement en s'arrangeant pour offrir des services de restauration disponibles aux heures de départ des trains. "Nos services devront être adaptés", insiste Mme Dolveck.

"Bienvenue aux nouveaux opérateurs", a lancé mercredi au Sénat le PDG de la SNCF Jean-Pierre Farandou, dont la "double casquette" comprend à la fois la tutelle de la compagnie ferroviaire désormais défiée (SNCF Voyageurs) et celle de SNCF Réseaux et Gares & Connexions, dont le rôle est d'accueillir tout le monde.

"Je dois veiller à ce qu'ils soient accueillis avec la plus grande équité. Ils doivent avoir accès au réseau et accès aux gares de la même manière que la SNCF-transporteur a accès à ces facilités essentielles. J'y fais très attention, et on y arrive", a-t-il dit.

JLD avec AFP