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Une situation "pire qu'à Nice": faut-il un confinement local à Dunkerque?

Le centre hospitalier de Dunkerque (Nord), le 17 février 2021.

Le centre hospitalier de Dunkerque (Nord), le 17 février 2021. - DENIS CHARLET / AFP

Lundi, le taux d'incidence de l'épidémie de Covid-19 a dépassé la barre des 900 cas pour 100.000 habitants à Dunkerque. Le maire réclame un rendez-vous d'urgence avec le Premier ministre.

Après les Alpes-Maritimes, des voix s'élèvent pour réclamer des mesures supplémentaires dans le Nord contre la progression de l'épidémie de Covid-19. A Dunkerque, "la situation est pire qu'à Nice", a alerté lundi sur BFMTV le professeur Philippe Froguel.

• Des indicateurs dans le rouge

Dans la commune, le taux d'incidence a atteint 901 cas pour 100.000 habitants ce lundi, selon les chiffres de l'Agence régionale de santé. Une situation proche "des records de Roubaix du mois d'octobre qui étaient de 1000", rappelle Philippe Froguel, professeur au CHU de Lille.

Si ce n'est pas le seul indicateur observé, dans les Alpes-Maritimes, c'est en partie la dégradation de ce taux d'incidence - près de 600 cas pour 100.000 habitants en fin de semaine dernière - qui a fait basculer la balance en faveur d'un confinement local.

Mais à Dunkerque, en plus de cet indicateur, s'ajoutent d'autres chiffres inquiétants. Philippe Froguel constate ainsi "une augmentation de 40% du nombre de cas de Covid-19 en une semaine", tandis que se dessine "un plateau" sur la même période dans les Alpes-Maritimes.

"Les hôpitaux sont saturés. A Dunkerque, on envoie des patients au CHU de Lille aujourd'hui", poursuit le médecin.

"L'hôpital de Dunkerque est en tension depuis plusieurs jours", a confirmé sur VFMTV Patrick Goldstein, chef du Samu du Nord qui met en garde contre une situation de plus en plus compliquée dans l'ensemble des Hauts-de-France.

"Pour vous donner une idée de l'ampleur de cette crise sanitaire, depuis le 1er février, nous avons transféré depuis l'hôpital de Dunkerque, plus de 53 patients en réanimation vers d'autres établissements. Nous allons bientôt atteindre des limites", prévient-il.

• Le maire de Dunkerque veut un rendez-vous d'urgence

Face à l'aggravation de l'ensemble de ces indicateurs, Patrice Vergriete a sollicité lundi soir un rendez-vous en urgence avec le Premier ministre "pour examiner la situation sanitaire". "Dunkerque mérite aujourd'hui toute l'attention de l'État, au même titre que l'agglomération de Nice et les Alpes-Maritimes", a demandé l'élu dans un communiqué.

"Il y a dix jours (...) devant l'accélération de l'épidémie, nous avions proposé à l'État une série de mesures de prévention qui nous paraissaient adaptées à la situation (...) notre appel n'a pas été entendu", a-t-il déploré

• Olivier Véran temporise

Interrogé en marge d'un déplacement à l'hôpital de Villefranche-sur-Saône, sur de possibles autres confinements locaux, le ministre de la Santé Olivier Véran a admis que "d'autres zones du territoire" justifiaient "que l'on s'implique pleinement".

"Je pense notamment dans le nord de la France à la communauté de Dunkerque, (...) je m'étais entretenu avec le maire, et j'ai prévu de le recontacter aujourd'hui et puis il y avait la situation spécifique de la Moselle, non pas en raison d'une incidence si forte que cela, mais parce qu'il y avait là-bas du variant sud-africain et nous sommes en train de tout faire pour pouvoir le contenir", a ajouté le ministre.

• La préfecture renforce les contrôles

Comme à Paris ou à Lyon, les autorités ont décidé de procéder au "renforcement des contrôles opérés par les forces de l'ordre" pour s'assurer du respect du couvre-feu et du protocole sanitaire.

Selon la préfecture, "la situation fait l'objet d'un suivi permanent et les mesures pourront être réévaluées en fonction de l'évolution de l'épidémie", mais aucune nouvelle mesure restrictive n'est à ce stade avancée.

Benjamin Rieth Journaliste BFM Régions