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Nord: à Armentières, les salariés de GRISS en grève contre un plan social

Photographie d'illustration

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Le groupe américain Emerson envisage de supprimer 80 emplois sur les 200 que compte l'usine Griss d'Armentières.

Près d'une centaine d'employés de l'usine GRISS d'Armentières, dans le Nord, du groupe américain Emerson ont manifesté mercredi matin devant l'entrée de l'entreprise, pour protester contre un plan social prévoyant la suppression de 80 emplois sur 200, a constaté l'AFP.

"Même rentables on est jetables", "Projet bidon" pouvait-on lire sur des panneaux plantés devant le site.

Présenté aux salariés le 15 octobre par le groupe américain Emerson, propriétaire du site, le plan social prévoit la fermeture de l'activité de production de soupapes de sûreté destinées à l'industrie pétrolière, activité historique de GRISS qui représente près de deux tiers du chiffre d'affaires, selon les syndicats.

Une délocalisation en Roumanie

L'activité doit être délocalisée sur d'autres sites du groupe, pour 80% en Roumanie, et pour 20% -- la production du haut de la gamme -- à Manchester, au Royaume-Uni, a précisé la direction de GRISS à l'AFP.

"Tout le savoir faire est ici. De gros projets ont été confiés au site car ils ne peuvent pas être faits ailleurs. Aujourd'hui on nous enlève tout", a déploré Laurence Liefooghe, secrétaire CFDT du CSE.

"Nous avons été déficitaires l'année dernière, et la tendance qui se prononce s'est enclenchée il y déjà plusieurs années: on sent de plus en plus de pression sur les coûts, les délais", a pour sa part expliqué la direction. "Les coûts de main d'oeuvre en Roumanie ne sont pas comparables à ceux de la France", a-t-elle souligné.

Des négociations jusqu'au 26 janvier

A la suite des négociations la semaine dernière avec l'intersyndicale CFDT-FO-CGT, la direction a toutefois acté le maintien de 10 des postes visés par le PSE, réaffectés à la production de robinetterie industrielle pour le nucléaire, seconde activité du site.

"Il y a vraiment une volonté absolue de trouver un accord", a souligné la direction dans le but de "préserver le site sur le long terme". "On va essayer de compenser les projets en cours, de redynamiser le site sur le marché du nucléaire" et du biométhane", a-t-elle ajouté, faisant part de son "optimisme à moyen terme" pour ces marchés liés aux énergies "propres".

Les négociations sur le PSE vont se poursuivre jusqu'au 26 janvier. En 2016, au moment du rachat du site par Emerson au groupe Pentair, un plan social avait déjà provoqué le départ de 22 personnes.

Juliette Mitoyen avec AFP Journaliste BFM Régions