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Lille: contraints à des cours à distance, les étudiants d’écoles de commerce réclament une baisse des frais de scolarité

Alors que la vie étudiante à l'arrêt et que tous les cours sont à distance, les étudiants des écoles de commerce ou de management lilloises réclament une réduction de leurs frais de scolarité.

Avec l'épidémie de coronavirus, les études en école de commerce ne ressemblent en rien à celles des années passées. La vie étudiante est à l'arrêt et les élèves enfermés chez eux invités à suivre des cours à distance. Pour beaucoup d'étudiants, cela engendre un fort sentiment de frustration, d'autant plus qu'ils ont souvent dû payer plus de 10.000 euros de frais de scolarité.

"On attend qu'en échange de cette somme, on sache pourquoi on paye", explique sur BFM Grand Lille Etienne Loos, président du bureau national des étudiants en école de Management et étudiant à la Skema Business School de Lille.

"C'est très important pour les étudiants, surtout que beaucoup s'endettent pour pouvoir payer. "Nous plaidons donc pour plus de dialogue et de transparence sur ces frais."

Une pétition en ligne

Fin octobre, un regroupement d'élèves en école de commerce a ainsi lancé une pétition appelant à "réduire les frais de scolarité". Ce mardi, elle compte près de 18.000 signatures.

"Le déroulement de ce début d'année avec une mise en place massive des cours à distance, difficile à suivre, décourageant, corrélé à une incessante hausse des frais de scolarité des écoles de commerces poussent nombre d'élèves à s'interroger sur la légitimité du montant payé", expliquent-ils dans la pétition.

"Les cours à distance ne permettent pas aux étudiants d'accéder aux prestations qui sont proposées en présentiel. Un remboursement partiel des frais payés serait plus que justifié", plaide ainsi Céline, en commentaire de la pétition. "J’ai pris mon appartement pour faire mes études et je me retrouve à faire mes cours en distanciel donc cela engendre des frais pas forcément nécessaires et le suivi scolaire n’est pas le même", ajoute Audrey.

D'autres étudiants mettent aussi en avant les difficultés économiques que peut engendrer la crise du coronavirus.

"Il ne faut pas oublier la situation de beaucoup de parents, qui ont pu, dès mars, perdre leur emploi, ne pas avoir pu travailler en dépit des charges, loyers ou crédits qui doivent payer", poursuivent les étudiants. "La précarité étudiante pourrait prendre de l'ampleur avec des loyers à payer "pour rien."

Un enseignement à distance coûteux

De leur côté, les écoles de commerce se défendent et estiment avoir pris de nombreuses mesures pour assurer le meilleur enseignement possible.

"De l'extérieur, on a l'impression que cette bascule en ligne nous coûte moins cher. En réalité, cela nous coûte plus cher", plaide Emmanuel Metais, directeur général de l'Edhec Business school à Roubaix. "Il a fallu mettre en place les mesures sanitaires et investir plusieurs millions d'euros pour mettre en place l'enseignement à distance."

Faute de rembourser les étudiants, les écoles de commerce mettent en avant d'autres solutions. L'Edhec vient ainsi de lancer une souscription d'urgence pour aider les élèves qui auraient des difficultés pour financer leur année.

Cyrielle Cabot Journaliste BFMTV