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Dans les Hauts-de-France, la crise du Covid retarde l'accès aux soins

En décembre 2020, près d'un Nordiste sur deux a renoncé à des soins chez un professionnel de santé. Un chiffre alarmant pour France Assos Santé, qui s'inquiète des conséquences de ces déprogrammations.

Avec la crise du Covid-19 au coeur de l'actualité, l'accès aux soins est complètement perturbé dans les Hauts-de-France. Dans son dernier rapport, dévoilé mercredi, France Assos Santé fait état d'une situation alarmante: 45% des habitants de la région ont vu certains de leurs soins médicaux annulés en décembre dernier, soit par déprogrammation soit par renoncement.

En fin d'année dernière, de plus en plus de Nordistes confiaient en effet appréhender un simple rendez-vous chez le médecin. Parmi les personnes ayant eu des soins déprogrammés, 49% y ont ainsi eux-mêmes renoncés par peur d'attraper le Covid-19 chez leurs professionnels de Santé.

"Il y a aussi des patients qui ont annulé parce qu'ils pensaient que leurs pathologies n'étaient pas assez importantes pour déranger les professionnels de santé", précise à BFM Grand Lille Aurélie Cassarin-Grand, coordinatrice régionale de France Assos Santé.

La difficile reprogrammation des soins annulés

Par ailleurs, 28% des habitants des Hauts-de-France qui ont dû renoncer à un rendez-vous chez un spécialistes ou un généraliste l'ont fait par manque de place chez les médecins en question.

Par ailleurs, 35% des Nordistes affirment avoir vu leurs soins déprogrammés directement par un professionnel de santé. Des médecins qui ont notamment annulé "pour laisser de la place dans les services de réanimation", ajoute Aurélie Cassarin-Grand.

"Cette déprogrammation nous inquiète parce que ça va amener un retard aux soins avec des conséquences importantes sur l'aggravation des symptômes et de l'état de santé", déplore-t-elle.

Selon France Assos Santé, ces reports en masse ont également eu un impact sur le moral de 4 Nordistes sur 10.

D'autant que les délais de reprogrammation sont longs. Pour 44% des patients, il faut attendre plusieurs mois. Et 17% des soins annulés ne sont tout simplement pas reportés. Une tendance qui pourrait encore s'aggraver cette année.

Juliette Mitoyen Journaliste BFM Régions