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Crise sanitaire: plus de 30.000 entreprises artisanales menacées dans les Hauts-de-France

Mis à mal par le premier confinement, de nombreux artisans de la région vont encore devoir subir plusieurs semaines de fermeture mettant en péril la survie de leurs entreprises.

Avec l'entrée en vigueur d'un nouveau confinement la semaine dernière, la sanction est lourde pour les commerces jugés "non-essentiels" dans le Nord et le Pas-de-Calais, obligés de fermer leurs portes jusqu'à la levée des restrictions sanitaires, le 1er décembre ou plus tard encore.

Invité de Bonsoir Lille lundi, Laurent Rigaud, président de la Chambre des métiers et de l'artisanat Hauts-de-France, a tiré la sonnette d'alarme quant au sort réservé à ces entreprises dans la région.

"J'ai toutes les 48 heures, une réunion de travail avec les experts comptables et les banquiers (...) Ils nous disent qu'il y a 30% de nos entreprises artisanales dans les Hauts-de-France, ça fait plus de 30.000 entreprises, qui, si on ne les accompagne pas plus qu'on ne le fait, dans six mois sont fermées", a-t-il alerté.

Les commerçants et artisans de la région "sont en colère", a poursuivi Laurent Rigaud. "Ils ont passé la première vague et la deuxième vague sera pour eux très compliquée", a-t-il projeté, insistant sur certains métiers particulièrement touchés comme "les coiffeuses, les esthéticiennes, les restaurateurs et tous les métiers collés à l'événementiel".

"Il faut le chômage partiel pour les artisans"

Le président de la Chambre des métiers et de l'artisanat Hauts-de-France appelle ainsi à "ne pas laisser" ces 30.000 entreprises "sur le bord de la route" et à "sécuriser leurs revenus". "Il va falloir les accompagner un petit peu plus que ce qui est fait pour l'instant", a-t-il projeté.

"On a le fonds de solidarité, le report de charges, le chômage partiel mais ça, c'est pour l'entreprise, a-t-il expliqué. Pour les artisans, c'est quoi leurs revenus pendant ce temps là? s'est-il interrogé. "Il faut le chomage partiel pour les artisans, a réclamé Laurent Rigaud. Si on ne les accompagne pas, ils vont fermer."

Juliette Mitoyen Journaliste BFM Régions