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Loi Macron: des ONG dénoncent un "passage en force" sur les déchets nucléaires

Une personne travaille dans une des galeries du laboratoire de recherche souterrain de l'Andra, à Bure.

Une personne travaille dans une des galeries du laboratoire de recherche souterrain de l'Andra, à Bure. - Jean-Christophe Verhaegen - AFP

Un amendement entérinant le projet de Centre industriel de stockage géologique (Cigéo) a été introduit dans le texte, juste avant l'adoption de la loi sans vote du Parlement.

Le réseau Sortir du nucléaire et Greenpeace ont dénoncé vendredi "un passage en force", avec le vote vendredi dans la loi Macron du principe d'une phase pilote pour un site d'enfouissement des déchets nucléaires, unique en son genre en France.

Ce projet, baptisé Centre industriel de stockage géologique (Cigéo) et piloté par l'Agence nationale pour la gestion des déchets nucléaires (Andra), doit accueillir les déchets les plus radioactifs (3% du total des déchets nucléaires) à 500 mètres sous terre à Bure, dans la Meuse, ainsi que des résidus de "moyenne activité à vie longue". Soit près de 80.000 m3 de déchets radioactifs sur 25 km² de sous-sol argileux. 

"On sacrifie la sûreté"

"Ce passage en force se situe dans la droite ligne du déni de démocratie dont ont fait preuve l'Andra et les autorités depuis des années", estime Sortir du nucléaire dans un communiqué. Il "en va malheureusement de même pour l'ensemble de l'industrie nucléaire: EPR imposé sans débat préalable, promesse électorale bafouée sur la fermeture de Fessenheim, etc", ajoute l'ONG.

Pour Cyrille Cormier, chargé du dossier Energie à Greenpeace France, "dès qu'il est question de nucléaire, on sacrifie la sûreté et le débat démocratique". "Ce passage en force laisse mal présager du vote sur la loi de transition énergétique, dans deux semaines, qui doit réorienter le système énergétique vers les renouvelables", ajoute le militant.

"Déliquescence de notre démocratie"

"La loi Macron, de manière fort cynique, n’a fait hier que confirmer la déliquescence de notre démocratie et la mainmise scélérate, donc le chantier est là, qui nous attend tous-toutes: restaurer honnêteté, justice, éthique... en deux mots: démocratie réelle", dénonce de son côté le Collectif contre l'enfouissement des déchets radioactifs dans un communiqué.

Le projet de loi Macron a été définitivement adopté vendredi par un troisième recours à l'article 49.3 de la Constitution, donc sans vote des parlementaires sur le texte définitif.

Le réseau Sortir du nucléaire dit souhaiter "vivement que le Conseil Constitutionnel repousse l'article 201 et réaffirme sa détermination à empêcher l'implantation de Cigéo et son soutien aux actions qui seront mises en oeuvre contre ce projet".

la rédaction avec AFP