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INFOGRAPHIES. Le froid revient en France, mais c'est de plus en plus inhabituel

Depuis le 1er janvier 2022, les normales saisonnières ont été battues 213 jours.

Après des semaines étouffantes, la France se réveille ces derniers jours avec des épisodes de gélées matinales et des températures parfois négatives. Mais cet épisode de fraîcheur est l'un des rares enregistrés par Météo-France depuis début 2022: au 263e jour de l'année, l'indicateur thermique national a dépassé les normales de saison un total de 213 jours, comme le montre notre graphique ci-dessous.

Pour rappel, l'indicateur thermique national "se définit comme la moyenne de mesures quotidiennes de la température moyenne de l’air dans 30 stations météorologiques réparties de manière équilibrée sur le territoire métropolitain".

105 jours avec des chaleurs inhabituellement élevées

Depuis le début de l'année, des épisodes caniculaires, des sécheresses ou encore des feux de forêt ont touché de plein fouet l'Hexagone. De juin à juillet, la France a connu trois vagues de chaleurs successives, réparties sur 33 jours - à titre de comparaison, on dénombrait 22 jours en 2003, année de la canicule meurtrière.

"Ces chiffres indiquent que l'année 2022 est une année exceptionnellement chaude", précise Christine Berne, climatologue à Météo-France. "À l'échelle de la France, la température moyennée entre le 1 janvier et le 15 septembre placerait cette année 2022 au 1er rang des plus chaudes, juste devant 2020 (année la plus chaude en France depuis 1900)."

Les journées exceptionnellement chaudes ont été particulièrement nombreuses, comme le montre notre graphique ci-dessous.

"Un signal du réchauffement"

En remontant aux premiers relevés de Météo-France, on s'aperçoit que ces journées de chaleur se multiplient progressivement depuis plus d'un siècle, comme l'a montré le fondateur de Covid Tracker et ingénieur en informatique, dans une infographie publiées sur son compte Twitter ce lundi.

"L'alternance déséquilibrée de journées 'beaucoup plus chaudes que la normale' (+2.5°C) et de journées plus fraîches est un signal du réchauffement climatique", ajoute Christine Berne.

Et la situation risque de ne pas s'arranger à l'avenir. Le climatologue Christophe Cassou, interrogé par BFMTV.com, prend l'exemple de la canicule de 2019, où un record de 46°C avait été atteint à Vérargues (Hérault). "En 2019, cette canicule avait 1 chance sur 50 de se produire, avec un réchauffement global d'environ +1.1°C", explique le directeur de recherche au CNRS, co-auteur du rapport du Giec.

"Cependant, le changement climatique est un 'tricheur'", met-il en garde. "C'est-à-dire qu'avec des prévisions à +1.5°C au global (l'objectif fixé par les accords de Paris, NDLR), cette même probabilité tombe à 1 chance sur 10."

"On est à un moment où chaque fraction de degré compte", alerte le climatologue.

En France, le nombre de vagues de chaleur a déjà été multiplié par 3 entre la période de 1947 à 1989 par rapport à la période de 1989 à nos jours, avec un réchauffement global d'environ, rappelle Christine Berne. Avec l'hypothèse d'un réchauffement global de +2°C (en France de +2,5 à +3°C), le nombre de vagues de chaleur pourrait être ainsi multiplié par 13 voire, dans le pire des scénarios, par 39 avec un réchauffement global de +4°C.

Théophile Magoria