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Environnement

Fini le café et le jus d'orange: à quoi ressembleront nos assiettes en 2050?

Les événements climatiques extrêmes qui se succèdent pourraient nous amener à changer radicalement nos modes de consommation à l'horizon 2050, imaginent des chercheurs du CNRS. Et cette transformation se verrait notamment dans nos assiettes.

Transports, déforestation, plastique, gaspillage, émissions de CO2 pour la production de viande... Notre alimentation pèse lourd sur notre empreinte carbone et donc sur le dérèglement climatique. Le CNRS, conjointement avec d’autres organismes de recherche, a ainsi imaginé le contenu de nos assiettes à l'horizon 2050 dans cinq scénarios, comme le rapporte Le Parisien dans son édition de ce mercredi.

Selon la vision la plus durable, les "événements climatiques extrêmes" (canicules, sécheresses, inondations) qui se succèdent "à un rythme inquiétant dès les années 2020 ont rendu évidente et urgente la transition rapide vers des changements drastiques des modes de production et de consommation".

Dans ce cas, le CNRS s'attend à une transformation radicale de notre système alimentaire, entraînant une profonde recomposition de nos assiettes.

La consommation de viande divisée par trois

Ce scénario présenté par le CNRS - celui de la "génération frugale" - implique une évolution importante de nos normes et valeurs et un changement durable de nos régimes alimentaires. Le principal changement avec nos régimes actuels est la diminution de consommation de produits d'origine animale.

Dans cette hypothèse, "30% de la population a adopté des régimes sans viande", projette l'étude.

La consommation moyenne individuelle de viande est divisée par trois et celle de lait d’origine animale par 1,4 par rapport à aujourd’hui. Par conséquent, notre alimentation comprend une part plus importante de céréales, de légumineuses et de produits à base de soja qui procurent des protéines bon marché, faciles à stocker et à conserver.

La consommation de protéines animales n'atteint plus que 49% du total des protéines.

Plus de jus d'orange, de café ou de cacao

Face au choc de la crise écologique, selon cette projection, beaucoup de transformations ont eu lieu. La France importe moins et dispose d'une meilleure autonomie alimentaire. Ainsi, "une partie des produits importés a été remplacée par des productions nationales", écrit le CNRS.

Par exemple, on ne boit plus de jus d'orange, délaissé pour des jus de pomme ou de raisin, produits sur le territoire. On assiste également à une forte réduction de la consommation de café, du cacao et des fruits tropicaux en général.

Des aliments crus ou cuits à basse température

Cette végétalisation de nos assiettes, ajouté à la consommation de produits de saison et locaux, conduisent à une baisse globale de la demande en produits bruts et transformés. Selon la présente étude, cette baisse serait de l'ordre de 30% par rapport à notre consommation actuelle.

Dans ce scénario, "le retour à des habitudes de consommation de produits simples et frais" s'accompagnerait de "modes de préparation moins exigeants en chaleur". Autrement dit, les Français mangeraient davantage de produits crus, cuits dans des marinades ou à basse température, stockés en conserve, en bocaux ou séchés. Ce qui nous permettrait de mettre à l'arrêt nos fours et nos congélateurs, énergivores.

Salomé Robles