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Talmont, joyau de Charente-Maritime menacé par les flots

L'église de Talmont-sur-Gironde menace à terme de s'écrouler dans l'océan auquel elle fait face depuis le XIIe siècle.

L'église de Talmont-sur-Gironde menace à terme de s'écrouler dans l'océan auquel elle fait face depuis le XIIe siècle. - Olivier Le Tourneux - flickr - CC

Posé sur un piton rocheux, Talmont-sur-Gironde est une attraction touristique en péril. Le maire de cette commune de 107 âmes alerte les autorités sur les dangers causés par l'érosion maritime.

"Sainte-Radegonde, priez pour nous." Sans aller jusqu'à invoquer la sainte patronne protectrice des marins en référence à l'église qui fait face à la mer, le maire du village de Talmont-en-Gironde pousse un cri d'alerte. A nos confères de La Croix, Stéphane Loth explique que la falaise recule sous l'action de la houle, menaçant d'écroulement le joyau d'art roman du XIIe siècle. 

Pour sauver le village soumis à l'érosion des marées et du gros temps, l'élu frappe à toutes les portes.

"J’ai déjà envoyé beaucoup de courrier aux parlementaires, aux représentants de l’État. Maintenant, je tente de toucher les citoyens, parce que l’érosion ne s’arrêtera pas!", relate-t-il au quotidien catholique.

La tempête de 1999 avait déjà attaqué le littoral, ce qui avait conduit le département à financer à hauteur de 1,5 million des renforcements en béton. Mais aujourd'hui, "le ciment tombe par plaques sous les coups répétés de la houle", déplore l'édile. Pour donner un coup d'arrêt à ce patient travail de sape, "une ceinture faite de gros blocs de calcaire posés en biais façon sabot qui briseraient les lames de mer" serait la solution.

Appel aux citoyens

Mais où trouver l'argent? Beaucoup de petites communes ne peuvent sur leur seul budget financer de tels aménagements. Même si Talmont accueille 500.000 touristes par an, la manne n'est pas à la hauteur des travaux envisagés. Ils sont estimés à 1,2 million d'euros. 

Deux pistes sont à l'étude. La première sera explorée lors d'une réunion qui se tiendra à la mi-février avec le préfet. La seconde est de faire appel au public à travers une campagne de financement participatif.

"Nous sommes le troisième point touristique de la Charente-Maritime derrière l'aquarium de La Rochelle et le zoo de La Palmyre, à Royan", rappelle Stéphane Loth au Parisien.

Pour lui, interdire l'accès aux remparts serait à court terme une catastrophe économique pour le village, précédent la catastrophe naturelle annoncée. Selon le ministère de l'Ecologie, l'érosion du littoral français se fait surtout sentir sur la Normandie, la Gironde, la Vendée, le Gard et l'Hérault.

David Namias