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Mer d'Aral: la Nasa montre en images sa spectaculaire disparition

La mer d'Aral se transforme peu à peu en désert.

La mer d'Aral se transforme peu à peu en désert. - Nasa

Les images parlent d'elles-mêmes. Comme le montre la Nasa, la mer d'Aral s'est réduite, comparée à ce qu'elle était au début du siècle, à une peau de chagrin.

La mer d'Aral s'est largement évaporée entre 2000 et 2016. Dans ces images publiées par la Nasa le 1er septembre dernier, la différence est évidente. La ligne dessinée en jaune pâle fixe l'ancien rivage tel qu'il était en 1960, soit à l'époque la quatrième plus vaste étendue d'eau lacustre du monde.

Sur sa page Facebook, l'agence spatiale américaine a réalisé une vidéo défilant image par image.

Comment en est-on arrivé là?

La disparition d'une des plus vastes étendues d'eau de la planète est-elle une conséquence du réchauffement climatique? En réalité, la mort de la mer d'Aral était programmée depuis "l'important projet de dérivation de l'eau dans les plaines arides du Kazakhstan, de l'Ouzbékistan et du Turkménistan", rappelle la Nasa dans sa communication. Initiés dans les années 60, les travaux de détournement du Syr-Daria et de l'Amou-Daria, deux grands fleuves locaux, ont permis de favoriser l'irrigation de terres arables avec notamment la culture du coton. Au détriment d'autres économies, au premier rang desquelles la pêche.

Condamner le nord pour sauver le sud

L'agence américaine fait remarquer qu'en "2014, le lobe oriental de la mer du Sud avait complètement disparu". Les variations de couleur visibles au long des années sont, pour leur part, dues à des changements sédimentaires.

Surtout, il faut noter qu'en août 2005, le Kazakhstan a achevé la construction d'un barrage séparant définitivement la partie nord de la partie sud du lac. L'assèchement de la portion la plus australe, aussi appelée "Grande Aral", a été précipité. Elle n'est pratiquement plus alimentée par des eaux de surface. La perte de cette étendue d'eau a aussi eu un impact sur le climat local, explique la Nasa: "La perte de l'influence modératrice d'une si grande masse d'eau a des hivers plus froids et des étés chauds et secs", note-t-elle.

D. N.