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Crue centennale à Paris: les œuvres du Louvre seraient-elles à l’abri?

En cas de crue centennale, le Louvre et ses collections ne serait pas complètement à l'abri. C'est d'autant plus vrai pour les œuvres précieusement gardées dans les réserves.

En cas de crue centennale, le Louvre et ses collections ne serait pas complètement à l'abri. C'est d'autant plus vrai pour les œuvres précieusement gardées dans les réserves. - Lionel Bonaventure - AFP

Alors qu'un important exercice de simulation a débuté dans la capitale pour mesurer les effets d'une éventuelle "crue exceptionnelle", focus sur l'un des plus grands musées du monde, dont certaines de ses salles pourraient être inondées. Mais pas de panique: (quasiment) tout a déjà été prévu.

La grande simulation a débuté. Alors que le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a officiellement lancé ce lundi un exercice d'une "ampleur exceptionnelle" pour mesurer l'impact d'une crue majeure qui laissera l'Ile-de-France sous les eaux, des questions demeurent. Notamment, celle de l'impact sur le patrimoine artistique de la capitale. Et de la France, donc.

Au Louvre, l'un des plus grands musées du monde, le menace d'une montée de la Seine est prise très au sérieux depuis des années. Car oui, tôt ou tard, une bonne partie de Paris sera de nouveau envahie par les eaux. A ce titre, "il y a des équipes qui travaillent en permanence sur le sujet", confie-t-on du côté du musée.

En 1910, peu de salles du Louvre avaient été impactées. Mais c'était bien avant sa rénovation, annoncée en 1981 par François Mitterrand, et mise en oeuvre par l'architecte Ieoh Ming Pei. En plus de l'iconique "Pyramide", de nombreux espaces souterrains ont été conçus à cette époque. 

Dans les réserves, 220.000 oeuvres menacées

Pour mieux comprendre l'ampleur de la menace qui pèse aujourd'hui sur les collections, quelques chiffres: sur les 64.000 m² d'espaces ouverts au public, près de 7.500m² sont susceptibles d'être inondés en cas de crue exceptionnelle. Un risque qui prend une dimension tout autre si l'on s'attarde sur le cas des réserves situées en sous-sol, encore plus susceptibles d'être inondées. Dans ces dernières, ce sont entre 220.000 et 250.000 oeuvres qui sont actuellement stockées.

De fait, le célèbre établissement n'a pas attendu l'opération de cette semaine pour se préparer. Depuis 2002 et la forte montée des eaux de l'époque, plusieurs exercices pour parer à cette éventualité ont été menés. Un plan de prévention a ainsi été établi.

72 heures chrono

En lien avec les pompiers - dont certains sont eux-mêmes formés pour protéger les oeuvres en cas d'urgence - le Louvre est rapidement mis au courant quand le niveau de la Seine monte de manière inquiétante. A un certain stade, une cellule de crise est mise en place. C'est alors l'heure de mobiliser ses équipes, et des volontaires, pour agir: "près de 500 personnes", prévoit le musée, sont alors à même d'intervenir. Objectif: fermer les lieux, et monter les oeuvres menacées aux étages pour les mettre ainsi à l'abri.

Avec une contrainte de temps: si la Seine atteint 31 mètres au Pont d'Austerlitz, le musée du Louvre estime qu'il lui restera 72 heures pour mener à bien les opérations de sauvetage nécessaires.

Et c'est tout?

Pour les oeuvres exposées au public, c'est tout. Pour celles jalousement conservées dans les réserves, c'est évidemment un peu plus compliqué. Annoncé à la fin de l'année 2013, le Louvre s'apprête à se doter d'un nouveau centre de réserves. Avec une particularité: ce dernier sera situé loin de l'Île-de-France: à Liévin, dans le Pas-de-Calais, à deux doigts du Louvre-Lens, inauguré au 2012.

Ce pôle de conservation, de 10.000 m², doit accueillir l'ensemble des 250.000 oeuvres aujourd'hui menacées par la crue dans un bâtiment ultra-moderne et sécurisé. Imaginé par deux grands noms de l'architecture, Richard Rogers et Graham Stirk, l'ensemble est censé voir le jour en 2018. Ne reste plus qu'à souhaiter que la crue centennale ne pointe pas le bout de son nez d'ici là. Mais ça, personne ne peut le prédire.

https://twitter.com/jmaccaud Jérémy Maccaud Chef d'édition BFMTV