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Bruxelles veut encore réduire l'utilisation des sacs en plastique

Dans la nature, un sac en plastique met environ 400 ans à disparaître. La Commission européenne entend bien limiter encore l'utilisation de ces contenants.

Dans la nature, un sac en plastique met environ 400 ans à disparaître. La Commission européenne entend bien limiter encore l'utilisation de ces contenants. - -

Dangereux pour les sols et pour l'écosystème marin, les sacs en plastique sont dans le collimateur de l'Union européenne, qui entend imposer une "obligation de réduction" à ses 28 Etats membres.

A en croire les Français, les sacs en plastique appartiennent au passé. Pourtant, plus de huit milliards d'entre eux, soit 800.000 tonnes par an, finissent en déchets sauvages dans l'Union européenne, asphyxiant sols et mers. C'est dans ce contexte que la Commission européenne a adopté lundi une proposition qui visant à imposer aux membres de l'Union européenne de réduire leur consommation de sacs en plastique jetables.

Les Etats membres décideront des moyens

La Commission veut ainsi "introduire une obligation de réduction" pour faire face à ce "problème environnemental très grave et très visible", qui contribue à la formation en haute mer d'"un nouveau continent fait de déchets" a expliqué dans une conférence de presse le commissaire européen à l'Environnement, le Slovène Janez Potocnik.

La Commission fixe pour objectif à l'ensemble de l'Union une réduction de 80% de l'usage des sacs à poignée dits "légers" (d'une épaisseur inférieure à 50 microns), encore très répandus dans nombre de supermarchés européens. Plus de 90% des quelque 100 milliards de sacs en plastique mis chaque année sur le marché de l'UE entrent dans cette catégorie.

La proposition de l'exécutif européen laisse toutefois aux Etats membres le choix des moyens auxquels recourir, comme des restrictions à la commercialisation et des mesures de taxation. Ce manque d'obligation de moyens est dénoncé par les Verts européens. "La Commission européenne s'en remet au bon vouloir des États membres en leur laissant décider comment et dans quelle mesure ils s'attaqueront à ce problème", a déploré leur porte-parole pour l'environnement, Sandrine Bélier.

Les bons et les mauvais élèves de la lutte contre les sacs en plastique

Echouant dans des décharges à ciel ouvert ou dans l'eau, ces symboles "de la société du jetable" asphyxient mers et rivières, disséminent des microparticules de plastique dans tout l'environnement et constituent des menaces pour les oiseaux, a insisté le commissaire slovène. Il a relativisé l'impact d'un tel changement d'habitudes sur l'industrie européenne du plastique, relevant que la plupart des sacs concernés étaient produits en Chine.

Face aux mauvais élèves chypriotes ou polonais, la Commission cite l'Irlande, le Danemark, la Finlande et le Luxembourg comme des exemples à suivre. En imposant une taxe de 50 centimes par sac, l'Irlande a notamment réussi a "réduire de 92% l'utilisation des sacs en plastique jetables en un an", s'était prévalu en mars l'acteur britannique Jeremy Irons, venu à Bruxelles pour soutenir la croisade de la Commission.

D. N. avec AFP et Pierre Le Baud et Kelly Laffin