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AVANT/APRÈS - 6 spectaculaires changements du niveau de l’eau

Le bassin du Tigre et de l'Euphrate en 2006 et 2009.

Le bassin du Tigre et de l'Euphrate en 2006 et 2009. - Images satellite de la Nasa

La Nasa va lancer ce mardi soir deux nouveaux satellites pour surveiller l’évolution des eaux de surface. La précédente mission a décelé les régions dont les réserves ont diminué ou augmenté ces 15 dernières années. Voici six avant/après qui témoignent de ces variations hydrauliques.

La Nasa va lancer ce mardi à 19h47 GMT deux nouveaux satellites GRACE-FO. Ils seront chargés de mesurer et suivre l’évolution du niveau des eaux de surface dans le monde. Ils vont remplacer la paire de satellites lancés en 2002 et qui ont permis à la Nasa d’élaborer une carte des zones en déficit ou en surplus hydraulique.

En effet, l’homme, par ses activités (agriculture, industrie) et le réchauffement climatique, redistribue totalement les réserves d’eau de la planète. Les pays sujets aux sécheresses voient leurs lacs et rivières se tarir à une vitesse vertigineuse. Au contraire, l’augmentation de l’évaporation des océans aggrave les perturbations des zones humides, qui se retrouvent menacées par la montée des eaux. Voici six exemples parlants vus du ciel.

La disparition du lac Poopó en Bolivie

Considéré comme le deuxième plus grand lac de Bolivie, avec une superficie de 3000km2, le lac Poopó est aujourd’hui complètement à sec. Près de 98% de sa surface s’est évaporée en l’espace de 25 ans. Ce lac salin n’a pas résisté à la pollution des exploitations minières environnantes. Et le manque de précipitations n’a rien arrangé. Le dernier assèchement du lac remonte à 1994, l’eau avait alors mis plusieurs années à revenir.

L’assèchement du lac Tchad en Afrique de l'Ouest

Le lac Tchad, qui fournit de l’eau à 20 millions de personnes vivant dans ses pays frontaliers, au Tchad, au Cameroun, au Niger ou encore au Nigeria, est en voie de disparition. Entre les années 1970 et 2000, la superficie de ce lac a été divisée par 10. Il ne s’étend plus que sur environ 2500 km2. Selon les scientifiques, la baisse des précipitations constatée depuis 1968 est la première cause de cet assèchement. La déforestation et la hausse des prélèvements des populations locales menacent également son existence.

La progression des lacs Enriquillo et Azué aux Caraïbes

Le lac Enriquillo, situé à la frontière d’Haïti et de la République dominicaine a doublé de taille en l’espace de dix ans. Entre 2003 et 2013, sa superficie est ainsi passée de 165 à 350 km2, selon les estimations parues en 2015 dans le Journal of Hydrometeorology. S’il continue sur cette lancée, il va finir par fusionner avec le lac voisin Azuéi, qui a gonflé de 22% sur la même période

Les deux lacs ont englouti 15.000 hectares de terres agricoles. Le réchauffement climatique a augmenté significativement les précipitations dans cette région à cause de l’évaporation des océans.

L’assèchement du Tigre et de l’Euphrate, au Moyen-Orient

Les bassins des rivières du Tigre et de l’Euphrate ont perdu 144 km2 d’eau douce entre 2003 et 2009, selon une étude de la Nasa de 2013. Le pompage des nappes phréatiques est responsable de 60% de ces pertes hydrauliques. Seuls 20% sont dus au réchauffement climatique, notamment par l’évaporation de l’eau à la surface des lacs et des réservoirs. C’est le deuxième assèchement le plus rapide des nappes phréatiques jamais constaté par la Nasa après celui de l’Inde.

L’affaissement de la mer Morte, en Israël

La mer Morte, le point le plus bas sur Terre, perd un mètre d’altitude tous les ans depuis 50 ans. Son altitude était de 392 mètres en-dessous du niveau de la mer en 1960 contre -432 mètres aujourd'hui. La principale cause avancée est la politique Israélienne de détournement des eaux de son principal affluent, la rivière du Jourdain, à des fins d’irrigation.

Le recul du Grand Lac Salé aux Etats-Unis

La deuxième plus grande réserve d’eau des Etats-Unis est en train de s’assécher. Depuis plus de 150 ans, les habitants de l’Utah extraient plus d’eau dans le lac qu’il n’en reçoit. Le volume d’eau a ainsi diminué de 48% depuis 1847. L’agriculture représente 63% de la consommation d’eau de la région. Les cinq années de sécheresse depuis 2011 ont accéléré le phénomène.

Emeline Gaube