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Un quart de nos dépenses de consommation sont subventionnées

Les dépenses de santé prises en charges par l'administration représentent 155 milliards d'euros

Les dépenses de santé prises en charges par l'administration représentent 155 milliards d'euros - Joel Saget - AFP

En 2015, 25% de la consommation des ménages était prise en charge par la collectivité, via les remboursements de la Sécu, les aides au logement ou d'autres formes de soutien, selon une étude de l'Insee publiée ce lundi 26 septembre.

1.540 milliards d'euros soit 23.116 euros par Français. Voilà ce que représentait en 2015, l'ensemble de la consommation des ménages. Un poste clef puisque la consommation a souvent été le principal moteur de la croissance ces dernières années. Encore en 2016, lors du premier trimestre, elle avait pleinement joué son rôle de locomotive (+1,1%) tirant vers le haut le PIB (+0,7%).

Toutefois, l'Insee vient nous rappeler dans une étude publiée ce lundi 26 septembre qu'une part non-négligeable de nos dépenses de consommation, c'est-à-dire 25%, est en fait prise en charge par "la collectivité", c'est-à-dire l'administration publique ainsi que des associations ou des syndicats. C'est ce que l'on appelle la "dépense socialisée".

Elles comprennent, par exemple, les dépenses de santé prises en charge par l'assurance-maladie, les aides au logement mais aussi le coût de la scolarité, dont 90% est financé par l'administration, ou les chèques emploi pour les services à domicile.

Des dépenses contracycliques

En 1960 ces "dépenses socialisées" représentaient seulement 15% de l'ensemble de la consommation des ménages. Leur importance a donc presque doublé en l'espace de 55 ans. Il en est d'ailleurs de même pour leur poids dans le PIB, qui n'était que de 9,6% en 1960 contre 17,6% en 2015.

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- © Insee

Si l'État s'est montré plus généreux en multipliant les aides, cette augmentation s'explique aussi par des évolutions démographiques. Le vieillissement de la population et la hausse de l'espérance de vie se traduisent logiquement par des dépenses de santé plus fortes. Par ailleurs, face à la hausse continue des loyers, les aides au logement ont gonflé au point de représenter désormais 15,6 milliards d'euros, soit 25% des dépenses de logement des Français.

On remarque par ailleurs que le poids de "ces dépenses socialisées" dans l'économie dépend aussi de la conjoncture. Lorsque la croissance est forte, il recule, le PIB augmentant plus vite que ces dépenses. C'est ce qui s'est produit, entre 1997 et 2000 et entre 2004 et 2007, lorsque la croissance était au-dessus des 2%. À l'inverse, en cas de récession, une grande partie de ces dépenses jouent un rôle "d'amortisseur social", et continuent ainsi d'augmenter même quand le PIB diminue. Lors de la grande récession de 2009 (-2,9%) le poids des dépenses socialisées dans le PIB avait ainsi bondi de 16,2% à 17,3%.

J.M.