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Stéphane Boujnah, PDG d’Euronext: "Nous créons la plus grande infrastructure de marché" en Europe

INTERVIEW – En exclusivité sur BFM Business, Stéphane Boujnah, PDG d’Euronext, revient sur l’acquisition de Borsa Italiana, ce qui fait d’Euronext la première place boursière en Europe.

Euronext a racheté ce vendredi Borsa Italiana, la place boursière de Milan. En exclusivité sur BFM Business, Stéphane Boujnah, directeur général et président du directoire d’Euronext, revient sur la création de la première place boursière d’Europe née de ce rachat.

BFM Business – Avec cette acquisition, Euronext devient un poids lourd européen... Que va peser désormais votre groupe?

Stéphane Boujnah : Nous allons créer la plus grande infrastructure de marché paneuropéenne, une infrastructure qui réalisera un quart des flux de négociation d’actions en Europe, qui accueillera une capitalisation boursière consolidée de 4,4 - 4,5 trillions d’euros (soit 4.400 à 4.500 milliards d'euros pour l'ensemble des groupes cotés sur Euronext, NDLR), donc qui sera de loin la plus grande plateforme de marchés actions en Europe. C’est grâce à cette opération que nous réalisons avec Alitalie, qui sera aussi par conséquent le premier contributeur au groupe Euronext, avec des actifs plus importants en volume que la France.

Pour réaliser cette acquisition, vous vous êtes adossé à deux acteurs italiens. Pourquoi?

Cassa Depositi e Prestiti, un peu l’homologue de la Caisse des dépôts en France, et la grande banque italienne Intesa Sanpaolo, vont devenir tous les deux actionnaires de référence du groupe Euronext. C’était quelque chose d’assez naturel, puisqu’à l’occasion de cette opération, les investisseurs institutionnels italiens souhaitaient jouer un rôle dans le groupe qui allait conduire la croissance de Borsa Italiana. Et puis au-delà des autres actifs du groupe Euronext, nous sommes extrêmement heureux de les accueillir dans notre groupe d’actionnaires de référence. Je crois qu’ils vont jouer un rôle d’accélérateur extrêmement fort, et je peux vous dire que la chimie entre la Caisse des dépôts et Cassa Depositi est extrêmement favorable et positive.

A l’issue de cette acquisition d'un montant de 4,33 milliards d’euros, quelles sont les synergies en vue entre Euronext et Borsa Italiana?

Il y aura évidemment des synergies de coûts, notamment sur des sujets de technologie, sur lesquels les capacités technologiques du groupe Euronext sont assez loins et en avance sur celles de Borsa Italiana dans beaucoup de domaines. Pas tous, mais dans beaucoup de domaines. Et puis il y aura de magnifiques synergies de revenus parce que parmi les très beaux produits de Borsa Italiana, il y a un certain nombre de domaines dans lesquels nous allons pouvoir accélérer leur développement et leur croissance sur le continent, dans les pays d’Euronext.

Je pense notamment aux différents métiers de taux, de fix income (marchés obligataires, NDLR) de la plateforme MTS. Je pense au programme PME mené par Elite, le programme de Borsa Italiana, je pense au développement de Monteditoli, le dépositaire central italien, je pense à la plateforme de clairing, Rosso, de compensation CC&G. Il y a beaucoup de choses que nous allons pouvoir faire pour faire croître les revenus du groupe de manière assez significative. Et donc nous sommes confiants dans notre capacité d’extraire les synergies de coûts et celles de revenus, liées à ces opérations.

Audrey Maubert et Antoine Larigaudrie, avec Pauline Ducamp