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"Ségur de la Santé": un syndicat alerte sur une prochaine "pénurie" d’infirmiers

L'infirmier est accusé d'avoir illégalement soigné un jeune homme soupçonné de meurtre. (Illustration)

L'infirmier est accusé d'avoir illégalement soigné un jeune homme soupçonné de meurtre. (Illustration) - AFP

Le Syndicat national des professionnels infirmiers (SNPI) estime que les revalorisations promises ne sont pas suffisantes pour empêcher les jeunes professionnels de partir travailler à l'étranger.

Quelques heures après la signature des accords du "Ségur de la Santé", le Syndicat national des professionnels infirmiers (SNPI) a tenu à faire entendre son mécontentement. Pour cette organisation, "l’accord passé entre le ministère et 3 syndicats est loin de répondre aux trois attentes des professionnels (…): rouvrir des lits, créer des postes et revaloriser les salaires".

Le SNPI estime notamment que la revalorisation de 183 euros promise par le gouvernement est insuffisante: "Alors que les soignants se sont donnés sans compter, on se retrouve face à une discussion de marchand de tapis! Les 300 euros demandés pour tous les infirmiers salariés (public ou privé) correspondent au différentiel calculé par l’OCDE entre le salaire infirmier en France et le salaire moyen infirmier des autres pays. Nous demandons donc un rattrapage salarial qui n’est même pas la fourchette haute", rappelle Thierry Amouroux, porte-parole du SNPI.

Il indique qu’après avoir été "sous-payés de 20%", les infirmiers seront "toujours sous-payés, mais de 10%". "C’est inadmissible! Les jeunes professionnels vont quitter l’hôpital pour aller travailler à l’étranger, et l’hôpital va faire face à une pénurie d’infirmières", ajoute-t-il.

"30% des jeunes infirmiers abandonnent déjà la profession dans les 5 ans"

Le syndicat rappelle que 7500 postes infirmiers ne sont pas pourvus, "car il faut en vouloir pour travailler sous-payé, en sous-effectif, avec des conditions de travail déplorables dans certains endroits". Face à ce constat, Thierry Amouroux affirme que "30% des jeunes infirmiers abandonnent déjà la profession dans les cinq ans qui suivent le diplôme. Le fait d’avoir travaillé avec des sacs poubelles en guise de surblouse et des masques inadaptés va accélérer le phénomène".

Au-delà d’une meilleure revalorisation des salaires, le SNPI réclame la création de 20.000 postes dans les hôpitaux et le doublement des effectifs en Ehpad. Il appelle ainsi le gouvernement à faire marche arrière sur les économies "imposées aux hôpitaux depuis 10 ans" avec notamment la "réouverture de 20.000 lits".

https://twitter.com/paul_louis_ Paul Louis Journaliste BFM Eco