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Réouverture des terrasses: les restaurateurs entre soulagement et méfiance

Si la date du 15 mai est évoquée pour la réouverture des terrasses de restaurants, les professionnels craignent qu'elle ne concerne pas toutes les régions et appellent au maintien des aides au secteur.

La lumière au bout du tunnel. Après des mois de fermeture, les restaurants, bars et bistrots pourraient réouvrir en mai. Selon nos informations, ce serait la date du samedi 15 mai pour le week-end de l'ascension qui aurait les faveurs de l'exécutif. Seraient dans un premier temps concernés seulement les terrasses le midi et le soir avant peut-être deux semaines plus tard une réouverture des salles.

Des informations accueillies plutôt favorablement par les acteurs de la profession.

"C'est une bonne nouvelle, se félicite Stéphane Manigold, restaurateur et porte-parole du collectif "Restons ouverts", toute bonne nouvelle dans cette période triste apporte de la joie et de la bonne humeur. Nous allons pouvoir accueillir nos clients en terrasses et en théorie 15 jours après on pourra réouvrir à l'intérieur de nos établissements."

Fermés depuis le mois de novembre dans toute la France, les restaurants se préparent déjà en attendant l'annonce officielle.

"Il faut former les équipes, ça fait 7 mois qu'elles ne travaillent plus, nos agriculteurs doivent se remettre en place pour réamorcer la pompe", détaille Stéphane Manigold.

Un enthousiasme toutefois pondéré par les incertitudes liées à l'évolution de l'épidémie.

"Rien n'est fait encore et nous attendons de voir, tempère ainsi Marcel Benezet, le président des bars et brasseries au GNI. Nous sommes gouvernés par le virus et pas par la politique. Aujourd'hui en région parisienne, le taux d'incidence reste supérieur à 500 pour 100.000 habitants et nous avons peu d'espoir de réouvrir tant qu'on ne tombera pas à des niveaux inférieurs à 200 comme en Bretagne."

La crainte d'un couvre-feu

Ce que craint le représentant des bistrots parisiens, c'est une régionalisation des ouvertures avec des départements en noir qui ne pourraient pas réouvrir avant d'atteindre certains seuils de circulation du virus.

"Mais la tendance est positive ça baisse un petit peu, reconnaît Marcel Benezet. Il faut espérer que ça s'accélère d'ici la mi-mai."

Autre crainte de la profession: la mise en place d'un couvre-feu pour le service en soirée.

"Ce n'est pas tranché encore mais il serait question d'arrêter le service vers 21 heures ou 22 heures ce qui serait évidemment très handicapant pour les restaurants", explique Marcel Benezet.

Dans tous les cas, même une réouverture partielle ne permettrait pas de retrouver une activité suffisante.

"La terrasse en elle-même ne couvre absolument les frais fixes et les charges qui vont avec et encore moins juste le midi car il suffit qu'il y ait de la pluie et là vous perdez tout ce que vous pouvez réaliser", rappelle Stéphane Manigold.

Mais Bercy s'est engagé à maintenir les aides d'Etat jusqu'à ce que les restaurants puissent retrouver une activité à 100%. Les restaurateurs pourront bénéficier du fonds de solidarité au pro rata de la perte d'activité avec les seules terrasses ouvertes.

"C'est un engagement fort, il faut qu'ils le tiennent, tant qu'on a des restrictions tant à l'extérieur qu'à l'intérieur il faut que l'Etat nous accompagne dans le "quoi qu'il en coûte"", estime le porte-parole du collectif "Restons ouverts".

Une réouverture qui passerait par la reconduction du protocole mis en place en 2020 avec la distanciation de 1 mètre entre les tables et la distribution de gel hydroalcolique.

Concernant la mise en place d'un pass sanitaire avec QR Code de l'application Tous anti-Covid, là non plus le sujet n'aurait pas été tranché par l'exécutif. Les restaurateurs n'y seraient pas défavorables.

"Nous y travaillons et nous serons prêts si c'est une obligation pour la réouverture", assure Marcel Benezet.
Frédéric Bianchi
https://twitter.com/FredericBianchi Frédéric Bianchi Journaliste BFM Éco