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Pourquoi les offres d'emplois repartent en flèche malgré le chômage

Le nombre d'offres d'emplois a doublé depuis la mi-avril.

Le nombre d'offres d'emplois a doublé depuis la mi-avril. - -

Avec plus de 148.000 offres d'emplois publiées début juillet, leur nombre retrouve le niveau d'avant le confinement. Pourtant les prévisions d'emplois restent très sombres pour la fin d'année. Explications.

C’est une bonne nouvelle sur le front de l’emploi. Après avoir fortement chuté, les offres d’emplois sont reparties en très forte hausse depuis quelques semaines. Après une chute violente en mars et avril, les propositions d’embauches observées par la société de recrutement Randstad retrouvent les niveaux d’avant-confinement. La première semaine de juillet, ce sont plus de 148.000 offres qui ont été postées, soit deux fois plus que la semaine du 17 avril.

Au total, selon une étude de Textkernel cette fois, ce sont 660.000 offres qui sont actuellement proposées sur internet. On est loin des 880.000 de janvier mais largement au-dessus des 400.000 du mois d’avril.

Et le classement des métiers les plus recherchés invite là aussi à l'optimisme. Si la première place est toujours occupée par les techniciens de maintenance, on revoit apparaître des métiers qui avaient complètement disparu du classement comme les commerciaux (+28%), les conducteurs de poids lourds (+45%) mais aussi les agents immobiliers (+30%).

Une redémarrage en trompe-l'oeil

Un regain assez logique finalement: après deux mois d’arrêt l’économie repart, les entreprises doivent rattraper le temps perdu, mais aussi des offres prévues avaient été reportés, de même que l’embauche de renfort pour la période estivale. Toutes ces offres sont sorties d’un coup en juin.

Mais les prévisions de chômage restent pourtant très pessimistes sur l’année. D’abord si ces offres d’emplois sont élevées, elles restent néanmoins à un niveau inférieur à celui de juin 2019.

Mais ce paradoxe apparent entre offres d'emploi en hausse et chômage s'explique par la nature de cette crise inédite. Après avoir mis l’économie sous cloche durant le confinement, on soulève et cela semble repartir. Mais sous cloche l’économie a été privée d’oxygène et cela va avoir des conséquences sur le moyen terme.

Malgré les mesures de soutien, de nombreux secteurs comme le tourisme, l’aéronautique, l'automobile ou encore la restauration ont été durement touchés. Les plans sociaux et les licenciements se multiplient. De 15 annonces de plans de sauvegarde de l'emploi par semaine en mai, on est passé à 33 en moyenne depuis la fin juin.

Cette année le gouvernement prévoit 800.000 destructions d’emplois (jusqu'à 900.000 selon l'Unedic). Le chômage partiel permet certes de limiter la casse, mais on parle désormais d’emplois zombies. Des personnes en chômage partiel qui ne pourraient pas retrouver une activité avant fin 2021. En France, leur nombre pourrait atteindre à 1,8 million selon Euler Hermès.

Frédéric Bianchi
https://twitter.com/FredericBianchi Frédéric Bianchi Journaliste BFM Éco