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Pourquoi le chômage touche désormais moins les femmes que les hommes

Les taux d'activité des Françaises a nettement augmenté en 10 ans

Les taux d'activité des Françaises a nettement augmenté en 10 ans - Frank Fiffe - AFP

En 1990, les hommes étaient bien plus à l'abri du chômage que les femmes. Un quart de siècle plus tard, les Françaises peuvent crier victoire. Sauf que leur plus grande résistance à ce fléau a un prix: elles occupent davantage de postes à temps partiel.

En l'espace d'un quart de siècle, les Françaises ont complètement renversé la vapeur. En 1990, elles étaient bien plus touchées par le chômage que les hommes (17,1% contre 9,1% soit près du double, selon le ministère du Travail).

Mais la tendance a bien changé. Selon la photographie du marché du travail publiée par l'Insee ce mercredi 28 octobre, le taux de chômage des femmes est désormais inférieur à celui des hommes (9,6% contre 10,2% fin 2014). L'écart en faveur de la gent féminine s'est ainsi encore accru par rapport à 2013 (9,7% contre 10%).

Une baisse d'autant plus remarquable qu'elle s'accompagne d'une augmentation de la proportion de femmes dans la vie active. En 2014, 51,8% des Françaises avaient un emploi ou en recherchaient un (contre 50,5% en 2005). A l'inverse la population active masculine a, elle, reculé (-1,4 point à 61,2% sur la même période).

Ainsi les femmes ne représentaient en 2014 "que" 46,5% des demandeurs d'emploi, alors qu'elles comptaient pour 48% de la population active et 50% des salariés.

La force du diplôme

En fait, depuis 1990, le taux de chômage des femmes n'a cessé de se rapprocher de celui des hommes pour arriver au presque même niveau dès 2009, puis passer en dessous fin 2012. Cela est notamment dû au fait que les femmes s'en tirent mieux que les hommes dans les jeunes catégories (15-24 ans), où la différence avec leurs congénères masculins est nette (un taux de chômage 22,2% contre 24,2%, toujours fin 2014.

Ce dernier point s'explique surtout parce que les femmes sont, en début de carrière mieux armées, en raison de leurs diplômes."L’écart croissant au fil des générations entre le niveau de diplôme des hommes et des femmes au bénéfice de ces dernières permet aujourd’hui à celles-ci d’être nettement moins exposées au chômage en début de vie active", expliquait dans un document de mars 2015, la Dares, la branche statistique du ministère du Travail dans un document de mars dernier. Elles ont ainsi davantage de facilités à trouver un emploi dans les quatre années qui suivent l'obtention de leur diplôme.

Cet avantage s'étiole un peu avec l'âge puisque le taux de chômage des femmes âgées de 25-49 ans est presque le même que celui des hommes (9,2% contre 9,4%). "Au-delà de dix années d’ancienneté sur le marché du travail, le taux de chômage des hommes et des femmes est identique", souligne la Dares.

Par ailleurs, toujours selon la Dares, les femmes sont moins touchés que les hommes en période de récession et de hausse du chômage: "lorsque l’emploi se retourne à la baisse, les hommes sont plus affectés car l’intérim et plus généralement l’industrie et la construction, secteurs où ils sont le plus présents, sont les premiers touchés", explique-t-elle.

Fort taux de sous-emploi

Et derrière ce tableau plutôt réjouissant se cache une dure réalité. Le nombre de femmes en situation dite de "sous-emploi", c'est-à-dire travaillant à temps partiel, faute de trouver un emploi à plein temps. En 2014, elles étaient 1,18 million dans cette situation contre "seulement" 464.000 hommes. "Le sous-emploi affecte surtout les femmes, celles-ci occupant près de quatre emplois à temps partiel sur cinq", relève ainsi l'Insee. Et dans la même veine, la proportion de femmes travaillant à temps partiel est quatre fois supérieure à celle des hommes (30,8% contre 7,8%). 

Dernier chiffre prouvant un peu plus le constat de l'Insee: 3 CDD sur 5 sont occupés par des femmes.

Evolution comparée des deux taux de chômage (1994-2014)

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