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Pour Pascal Canfin, AstraZeneca "fait du bonneteau" en vendant plusieurs fois la même dose

Sur BFM Business, l'Eurodéputé, président de la commission en charge de la Santé publique, ne mâche pas ses mots contre le laboratoire anglo-suédois et n'épargne pas non plus le Royaume-Uni.

L'Europe perd patience. Invité dans le Grand Journal de l'Eco, sur BFM Business, le "monsieur vaccin" du parlement européen Pascal Canfin ne cache pas son agacement face aux déboires d'AstraZeneca pour livrer ses doses à l'Europe. "On a un problème avec un laboratoire, AstraZeneca" et "un problème avec un pays, le Royaume-Uni qui depuis le début de cette crise cherche à piquer des doses aux Européens" résume l'eurodéputé (Renew).

"Nous avons exporté plus de 10 millions de doses fabriquées dans l'Union européenne vers le Royaume-Uni. Combien les Britanniques ont-ils exporté de doses du Royaume-Uni vers nous ? Zéro" indique-t-il. "Cette situation est tout simplement insupportable pour tous les Européens."

Menaces

Selon lui, le premier enjeu est donc de "mettre fin à cette inégalité". Et "si les Britanniques ne veulent pas exporter de doses produites chez eux vers l'UE, comme c'était prévu dans le contrat que nous avions signé avec AstraZeneca, alors nous mettrons fin aux exportations" prévient Pascal Canfin qui refuse que les Européens soient "les naïfs et les idiots de cette situation."

L'autre enjeu, c'est d'obtenir les doses promises par AstraZeneca. "On a un problème majeur depuis le début. AstraZeneca fait du bonneteau : ils vendent plusieurs fois la même dose" s'emporte le député, promettant que les stocks découverts récemment en Italie ne seraient pas exportés hors d'Europe.

Pyramide de Ponzi

Selon lui, les promesses ne pouvaient de toute façon être tenues. "Ils ont signé avec les Britanniques puis ensuite ils ont signé avec nous, à 24h d'écart" explique-t-il. "Sauf que nous, on ne savait pas quels étaient les termes avec les Britanniques (…) Mais AstraZeneca a signé avec nous un contrat qui est absolument incompatible" avec le contrat britannique.

D'ailleurs, le laboratoire risque de se retrouver avec une autre difficulté, soulève Pascal Canfin. "Ils avaient promis au Royaume-Uni des doses fabriquées en Inde qu'ils sont aussi promis aux Indiens ! AstraZeneca vend plusieurs fois la même et a essayé de faire une pyramide de Ponzi (…) sauf que le château de cartes est en train de s'écrouler."

Thomas Leroy Journaliste BFM Business