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Pour le patron d'Ericsson France, le retard français dans la 5G peut se rattraper

Franck Bouétard, PDG d'Ericsson France, était l'invité de Good Morning Business. Il est notamment revenu sur le déploiement de la 5G en France.

Alors qu'Apple vient de présenter ses premiers iPhone compatibles 5G, le retard français dans cette nouvelle technologie de télécommunications est rattrapable, estime Franck Bouétard, PDG d'Ericsson France, invité de Good Morning Business.

"Essayons de quantifier ce retard: en Chine, il y a à peu près 250.000 stations de base 5G déployés, en Corée du Sud 120.000, aux Etats-Unis 50.000 et en France 500 pour faire des tests. Si on n'est pas en retard, on n'est pas en avance, explique le dirigeant.

Franck Bouetard reste cependant confiant sur la capacité à corriger le tir:

"Les terminaux commencent à arriver, les cas d'usages commencent à arriver, on va rattraper ce retard. Nous, on croit en la capacité de la France à rattraper ce retard: on a même mis en place un centre de recherche et développement sur la 5G et la sécurité."

Ericsson compte actuellement 1100 employés en France, en forte augmentation ces dernières années, avec un chiffre d'affaires d'environ 500 millions d'euros par an. La création d'un centre de R&D en France, sur la 5G et la sécurité, 300 emplois, a été acté début 2020, a rappelé Franck Bouétard.

"Ce n'est pas lié à une pression du gouvernement français, c'est un choix qu'Ericsson a lui-même fait", a-t-il souligné;

Un retard des équipementiers européens?

Interrogé sur le retard potentiel des équipementiers européens, Ericsson et Nokia, face au chinois Huawei, Franck Bouétard parle d'un "retard inventé", reconnaissant que chaque acteur à ses forces et ses faiblesses:

"Sur 110 réseaux commerciaux en 5G lancés dans le monde, vous allez dans une agence acheter une carte SIM 5G, on participe à 62 de ces réseaux"

En Chine, Ericsson est d'ailleurs le seul acteur européen présent, souligne le patron de la filiale française:

"On a à peu près 12% de parts de marché en Chine, les 88 autres pourcents sont détenus par des acteurs chinois dans le domaine de la 5G, Huawei et ZTE comme acteurs principaux. En Europe, ils ont 35% de parts de marché, la réciprocité n'est pas vraiment là."

Il pointe également un "risque de bipolarisation du monde qui n'est pas une bonne chose pour le secteur des télécoms" actuellement:

"Avant il y avait une guerre froide entre les Etats-Unis et la Russie, on va maintenant vers une division du monde probablement plutôt basée sur les technologies et non plus sur des idées. On est en train de se bipolariser entre d'un côté les Occidentaux et de l'autre côté les Chinois, on n'est pas très favorable à ça chez Ericsson on est plutôt favorable à un marché ouvert car dans les télécoms les coûts d'investissement en recherche et développement sont tellement élevés qu'il est fondamental d'avoir une norme mondiale pour absorber ces coûts et continuer à réduire les prix."
https://twitter.com/Ju_Bonnet Julien Bonnet Journaliste BFM Auto