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Pour Agnès Pannier-Runacher, la taxe sur les SUV permet "d'équilibrer les choses entre les Allemands et les Français"

Invitée sur le plateau du Grand Journal de l'Eco, la ministre déléguée chargée de l'industrie est revenue sur le bonus-malus que le gouvernement va mettre en place. Une taxe taillée sur mesure pour l'industrie française?

Le gouvernement mettra bien en place un système de bonus-malus sur les véhicules les plus lourds. Au-delà de 1800 kg, les acheteurs devront donc débourser un peu plus pour s'offrir un gros SUV.

"C'est un bonus-malus effectivement élevé (…) il est calibré de manière générale pour commencer à envoyer un signal sur les SUV statutaires" explique sur BFM Business, Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée chargée de l'industrie.

En clair, le gouvernement veut "donner une impulsion pour que les Français achètent plutôt des voitures plus petites parce qu'elles émettent moins de CO2", poursuit-elle.

Mais en fixant la barre a 1800 kg, l'exécutif a joué habilement puisque les SUV français de Peugeot ou Citroën évitent de peu la taxe, contrairement aux rivales allemandes qui dépassent parfois les deux tonnes.

Réequilibrage

"On est bien conscient qu'une famille qui a plusieurs enfants et qui a besoin d'un grand coffre, elle doit pouvoir se payer une voiture et pas devoir payer 2000, 3000, 4000 euros de plus parce qu'elle a beaucoup d'enfants" explique la ministre, qui assure que la mesure n'est pas calibrée contre l'Allemagne. "Je ne pense pas que ce soit le souhait de la convention citoyenne pour le climat d'avoir une approche entre les voitures françaises et les voitures allemandes". En réalité, la mesure semble claire.

"L'enjeu, quand, au niveau européen, on a tendance à favoriser les voitures lourdes dans les réglementations C02, c'est d'équilibrer les choses entre les Allemands et les Français" avoue Agnès Pannier-Runacher, du bout des lèvres.
Thomas Leroy Journaliste BFM Business