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Pour 2017, les grandes entreprises mettent le cap sur l'investissement

Les entreprises n'ont plus été aussi nombreuses à vouloir investir en France depuis 2011 dans ce baromètre

Les entreprises n'ont plus été aussi nombreuses à vouloir investir en France depuis 2011 dans ce baromètre - Franck Pennant - AFP

Selon le baromètre des grandes entreprises réalisé par l'Observatoire BFM Business et Eurogroup, les grandes sociétés n'attendent pas monts et merveilles de 2017 au niveau de la croissance et de leur rentabilité. Elles sont, en revanche, très nombreuses à vouloir investir.

Les grandes entreprises françaises considèrent que le redressement de la rentabilité opéré ces dernières années est derrière elles mais comptent néanmoins investir en France avec une intensité jamais vue depuis 2010. Tel est le principal enseignement du dixième baromètre des grandes entreprises, réalisé par l’Observatoire BFM Business et le cabinet de conseil Eurogroup consulting en partenariat avec Le Figaro Économie

Comme chaque année, les 100 principales entreprises tricolores (CAC40, une partie du SBF 120, quelques grandes sociétés familiales et plusieurs ETI emblématiques du paysage économique national) ont livré leur sentiment sur leurs projets pour l’année à venir en matière d’activité, d’investissement, d’embauches, en France comme à l’étranger. Elles livrent aussi leurs principales inquiétudes, et leurs priorités pour les douze mois à venir. 

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Premier constat: les entreprises tricolores ne croient pas à une accélération de la croissance en France en 2017, elles sont à cet égard moins optimistes qu’il y a un an. La tendance est inversée pour les perspectives internationales. Ces dernières sont meilleures qu’il y a un an. Au total, presque 6 chefs d’entreprise sur 10 s’attendent à une croissance stable dans l’Hexagone cette année. Ils sont autant à anticiper une hausse à l'étranger.

Des intentions d'investissement au plus haut depuis 2011

La mauvaise surprise de ce baromètre est incontestablement l’opinion des patrons sur la rentabilité de leur entreprise, en France et davantage encore à l’étranger (au plus bas depuis 2010). Dans l’Hexagone, les entreprises qui anticipent une dégradation sont à peu près aussi nombreuses que celles qui anticipent une amélioration.

Mais la bonne nouvelle de ce baromètre est que ce coup d’arrêt dans la progression de la rentabilité ne dissuade pas les entreprises d’investir, particulièrement en France, où jamais depuis 2011 l’envie de sortir les projets des cartons n’a été si forte, 54% des entreprises souhaitant y investir. Si l’investissement est clairement la priorité de l’année, les embauches ne sont pas délaissées pour autant. À l’étranger, mais aussi en France: notre baromètre est dans le vert (la part des entreprises recrutant est supérieure à la part de celles qui souhaitent réduire leurs effectifs) pour la deuxième année consécutive, du jamais vu depuis la crise de 2008.

Au final, sur le tableau de bord de la conjoncture des grandes entreprises, tous les cadrans (activité, rentabilité, investissements, effectifs, en France et à l’étranger) sont en zone verte, du jamais vu depuis la reprise de 2009.

Des craintes sur les risques juridiques

Quelles sont les principales inquiétudes des patrons pour cette année? Plusieurs craintes mises en avant en 2016 se sont fortement estompées voire ont disparu: les cyber-risques sont digérés, la volatilité des marchés financiers et le risque de déflation, écartés. En revanche une crainte nouvelle émerge nettement: les risques juridiques et législatifs (72% des entreprises les considèrent comme "fort" ou "très fort"), liés notamment aux nouvelles législations et aux difficultés de l’Europe à se défendre contre la montée en puissance du droit américain. Les inquiétudes sur la faiblesse durable de la croissance et les risques géopolitiques se maintiennent légitimement à des niveaux élevés.

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En interne, la préoccupation majeure des grandes entreprises n’est plus la réduction des coûts mais la valorisation du capital humain: priorité à la transmission des compétences clés, à la culture de l’innovation, à l’agilité et à l’attractivité des talents, autant de mutations considérées comme un passage obligé pour atteindre le grand objectif de développement: l’amélioration du service client.

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Qu’attendent enfin, les dirigeants d’entreprises du camp vainqueur des échéances électorales de 2017? Une baisse supplémentaire des impôts et des charges, plus de flexibilité sur le marché du travail, mais aussi le lancement de grands projets d’infrastructures et la protection des intérêts économiques français.

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Emmanuel Lechypre