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OPA sur Altran: la tension monte encore d'un cran entre Capgemini et le fonds activiste Elliott

Capgemini coupe court à un relèvement de l'offre sur Altran

Capgemini coupe court à un relèvement de l'offre sur Altran - AFP

Dans un entretien à Reuters, le PDG de Capgemini, Paul Hermelin, s'est dit confiant dans la capacité du groupe à acquérir Altran malgré la pression constante d'Elliott. Et il n'entend toujours pas augmenter son offre.

Qui aura le dernier mot dans la guerre boursière qui sévit entre la direction de Capgemini et son actionnaire minoritaire Elliot? Paul Hermelin, le PDG de l'entreprise, laissera sa place en mai prochain et entend bien finaliser, d'ici là, le vaste projet qu'il a lancé en juin dernier, à savoir une OPA amicale sur Altran. Cette opération devrait permettre de créer un géant de la transformation digitale, valorisé à 17 milliards d'euros. Les deux conseils d'administration s'étaient mis d'accord sur le prix : 14 euros par action.

Sauf qu'un fonds activiste, particulièrement pressant, s'est invité dans cette mécanique bien huilée. Elliott, qui s'est déjà distingué l'année dernière chez Pernod Ricard, est ainsi entré dans le capital de Capgemini, à hauteur de 10,25%, réclamant une hausse du prix de rachat à 17 euros l'action.

Maintien de l'offre

Dès lors, c'est un rapport de force tendu qui s'est installé. En septembre dernier, Paul Hermelin était venu rappeler, sur BFM Business, son intention d'aller au bout de l'OPA, sans augmenter son offre. "Le 14 euros, c'est 30% (de plus, NDLR) que la moyenne des cours qui précédaient donc c'était une prime et ça a convaincu le conseil d'administration (d'Altran, NDLR)" expliquait-il alors.

Deux mois plus tard, le patron campe toujours sur ses positions. "J’ai lu le troisième trimestre d’Altran. Je n’ai rien vu qui me pousse à relever le cours" a-t-il indiqué dans une interview à Reuters. Si l'objectif de l'OPA est toujours fixé à 50,1%, l'intrusion d'Elliot rend presque impossible d'atteindre le seuil de de 90% qui permettrait de sortir Altran de la cote.

"On fera autre chose"

Le pari reste tout de même risqué, si bien que Paul Hermelin est désormais prêt à rencontrer les représentants d'Elliott. "On peut se voir, on ne refusera jamais un rendez-vous" indique-t-il. Mais "si c’est les mêmes éléments, ça ne changera pas".

En attendant, l'opération est suspendue à une décision de la Cour d'appel de Paris, qui doit se prononcer sur la conformité de l'OPA, après une action intentée par l'Association pour la défense des actionnaires minoritaires (Adam), mandatée entre autres par Elliott. Une première décision, sur la forme sera rendue le 4 décembre. Puis, les juges auront jusqu'à fin mars pour se prononcer sur le fond.

Et si Elliot finit par avoir raison de cette OPA? "On fera autre chose", assure Paul Hermelin. "Moi, j’ai d’autres idées. Le digital est tellement riche d’opportunités".

Thomas Leroy