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EADS: réorganisation d'Airbus DS, les avis des analystes.

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(CercleFinance.com) - Le titre EADS gagne près de 8% sur la semaine après l'annonce de son plan de réorganisation de sa division Airbus Defence and Space (Airbus DS). Ce plan se traduira par des réductions d'effectifs de 5.800 postes au sein d'Ai

(CercleFinance.com) - Le titre EADS gagne près de 8% sur la semaine après l'annonce de son plan de réorganisation de sa division Airbus Defence and Space (Airbus DS). Ce plan se traduira par des réductions d'effectifs de 5.800 postes au sein d'Airbus DS, des fonctions Corporate et de la direction générale d'ici la fin 2016.

Jusqu'à 1.500 postes seront proposés au sein d'Airbus et d'Eurocopter pour redéployer les salariés concernés. Après le non renouvellement des contrats de travail temporaires (environ 1.300) et la mise en oeuvre de mesures supplémentaires de départs volontaires, et sous réserve que celles-ci soient réalisées, le nombre final de suppressions de postes est estimé entre 1.000-1.450.

EADS entend également engager des négociations avec les organisations représentatives du personnel pour parvenir à des accords sur les réductions de coûts salariaux qui pourraient contribuer à atténuer l'incidence sociale du plan de réorganisation.

Au titre de l'effort global de réduction d'effectif, 500 postes seront supprimés au sein des fonctions et services Corporate. Le calendrier et le dimensionnement de la provision exceptionnelle liée à ce plan sont en cours d'évaluation.

Le plan de réorganisation des activités Défense et Espace se traduira par un regroupement significatif des sites en Allemagne, en France, en Espagne et au Royaume-Uni, et les structures juridiques d'Airbus DS seront simplifiées et consolidées.

La direction générale de la nouvelle division sera opérationnelle à compter du 1er janvier 2014. A l'issue du processus de consultation, prévue à la mi-2014, les trois entités - Airbus Military, Astrium et Cassidian - seront totalement intégrées et opérationnelles à tous les niveaux en tant qu'Airbus DS.

Arnaud Montebourg, le Ministre français du redressement productif, a demandé à EADS de procéder uniquement à des suppressions de postes sur la base de départs volontaires ou de départs à la retraite. 'Dans la situation profitable de l'entreprise, nul ne devra être contraint à perdre son travail', souligne le ministre dans un communiqué.

S'il estime que l'adaptation d'une entreprise aux évolutions de marché et la défense de sa compétitivité sont 'légitimes et nécessaires', Arnaud Montebourg juge aussi que la situation globale de l'entreprise EADS exige 'de ne pas procéder à des licenciements'.

Il invoque par ailleurs le soutien 'régulier et actif' des pouvoirs publics, et la croissance et le carnet de commandes garni des autres activités du groupe européen.

Le ministre indique avoir demandé de façon solennelle à EADS d'organiser exclusivement cette restructuration dans ses activités spatiales et de défense par les reclassements internes à l'entreprise.

EADS a également annoncé mercredi que son changement de nom en Airbus serait effectif à compter du 2 janvier prochain.

Le groupe européen d'aéronautique et de défense, qui a tenu mercredi et jeudi ses journées d'investisseurs à Londres, dit s'être donné comme objectif un ratio de distribution des dividendes compris entre 30% et 40%.

EADS a également réitéré son objectif de dégager une marge opérationnelle (Ebit) de 10% à horizon 2015, hors éléments exceptionnels et impact du programme A350 XWB sur la base d'un euro à 1,30 dollar.

En tenant compte de l'effet dilutif lié à l'A350 XWB, EADS envisage de générer une marge de 7% à 8% hors éléments exceptionnels, sur la base d'un euro à 1,35 euro. Le groupe vise également un flux de trésorerie disponible ('free cash flow') positif pour les exercices 2014 et 2015.

Citi a réitéré sa recommandation d'achat et son objectif de 60 euros sur EADS. L'intermédiaire prévient que l'attention des participants sera avant tout centrée autour de l'objectif de marge à horizon 2015 et l'impact sur le résultat opérationnel (Ebit) des surcoûts liés au programme A350.

L'analyste rappelle qu'EADS n'a jamais communiqué sur le sujet jusqu'ici et prévient qu'une estimation prudente pourrait générer des turbulences sur le titre à court terme.

Pour sa part, Citi dit tabler sur un effet négatif de l'ordre de 200 millions d'euros au niveau du résultat opérationnel (Ebit) pour 2014, puis de 350 millions d'euros en 2015.

En dépit des incertitudes entourant l'impact du programme A350, il estime néanmoins que le dossier d'investissement demeure intact à plus long terme, au vu (1) de la demande grandissante d'avions, (2) de la visibilité offerte par le carnet de commandes bien garni et (3) le potentiel d'amélioration des marges sur le long terme.

Société Générale a confirmé son conseil d'achat sur l'action du constructeur aéronautique européen EADS. L'objectif de cours est maintenu à 66 euros.

'Nous devons renforcer la compétitivité de nos activités spatiales et de défense, et nous devons le faire maintenant', a affirmé le patron opérationnel du groupe, Tom Enders.

'Compte tenu de la décroissance de nos marchés traditionnels, nous devons d'urgence améliorer notre accès aux clients internationaux et aux marchés en croissance. Pour cela, il nous faut réduire les coûts', a-t-il ajouté.

Les analystes de Société Générale considèrent cette annonce comme significative puisqu'elle porte sur 13% de l'effectif de la branche Airbus DS.

Société Générale estime le coût du plan entre 250 et 300 millions d'euros, puis les économies nettes annuelles qui devraient en découler à 200 millions d'euros l'an.

Deutsche Bank a renouvelé également sa recommandation d'achat sur EADS, avec un objectif de cours porté de 55 à 61 euros, faisant du titre l'une de ses valeurs préférées pour 2014.

' EADS est l'une de nos deux valeurs préférées pour le secteur de l'aéronautique civil en vue de l'an prochain', indique le courtier.

'Les perspectives de production d'Airbus restent solides avec des volumes de livraisons sur une pente ascendante et un carnet de commandes record', ajoute-t-il.

S'il s'attend à ce que les pertes engendrées par le lancement du programme A350 pénalisent la croissance des résultats d'Airbus en 2014 et en 2015, le courtier note que l'activité continue d'afficher, d'un point de vue fondamental, de solides progrès.

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