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Ce que possède encore l’Etat dans les sociétés cotées en Bourse

EDF est la plus grosse participation de l'Etat.

EDF est la plus grosse participation de l'Etat. - Olivier Morin-AFP

L’Etat s’apprête à céder sa participation dans ADP et Engie et à ouvrir le capital de la Française des Jeux. L’occasion de faire un point sur les participations qu'il possède encore dans les entreprises cotées en Bourse.

Dans l’air du temps depuis plusieurs mois, la vente d'une partie du portefeuille de participations de l’Etat a été officialisée mardi par Bercy. Bruno Le Maire a en effet donné son feu vert à des cessions d'actifs dans la Française des jeux, Aéroports de Paris (ADP) et Engie dans le cadre de la loi Pacte. Si ces participations pourraient rapporter plusieurs milliards d'euros au gouvernement, elles ne représentent qu'une petite partie des avoirs que possède la France sur les marchés financiers.

En effet, l’Etat détient, à travers l’Agence des participations de l'Etat (APE), BPI France et la Caisse des dépôts et des consignations (CDC), environ 96 milliards d’euros d’actifs (voir graphique ci-dessous). EDF, qu’il détient à 83,5%, est sa plus grosse participation. Celle-ci est évaluée à 28 milliards d’euros, ce qui représente plus du quart de son portefeuille en Bourse. Orange (23% du capital) et Airbus (11,06%) complètent le podium avec des participations évaluées respectivement à 9,1 et 8,5 milliards d’euros. 

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L'Etat détient 2,5% du CAC 40

Trois secteurs sont surreprésentés dans ces participations: l'énergie, l'aéronautique et l'automobile. Le premier (EDF, Engie, Vallourec et TechnipFMC) pèse à lui seul plus de 38 milliards d'euros tandis que le second (Airbus, Safran et Thalès) représente près de 20 milliards d'euros. Enfin, la participation dans PSA (12,2% du capital) et Renault (15,01%) est estimée à 6 milliards d'euros. Ces trois secteurs clés de l'économie représentent ainsi près de deux tiers des investissements boursiers de l'Etat.

Autre statistique intéressante, la valeur des participations du CAC 40 ne représente désormais qu'un peu plus de 41 milliards d'euros, soit seulement 2,5% de l'indice parisien, contre 3% en 2016. Il faut dire que depuis 2006, la valeur du portefeuille n'a cessé de reculer. Dans son rapport annuel 2017 sur l'Etat actionnaire, la Cour des comptes avait déjà pointé du doigt la faible performance de l'Agence des participations de l'Etat. "La baisse de valeur du portefeuille coté de l’APE est de 54% entre fin 2006 et fin 2016. Au cours de cette période, la tendance du CAC 40 a également été baissière, mais dans une proportion bien moindre (-12,3 %)", écrivaient les Sages. Toutefois, depuis 2017 l'APE fait mieux que le CAC 40. La valeur de son portefeuille a en en effet bondi de 28% à 76,4 milliards d'euros quand le CAC 40 n'a affiché "qu'une" hausse de 12,5%.

Sami Bouzid