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AccorHotels chute en Bourse après avoir manifesté son intérêt pour Air France-KLM

AccorHotels pourrait entrer au capital d'Air France-KLM en rachetant tout ou partie la participation de l'Etat français. Une nouvelle qui passe mal en Bourse.

Séance difficile pour AccorHotels. L'action du groupe hôtelier a terminé en baisse de 6,95% à la Bourse de Paris lundi, plombée par une possible prise de participation minoritaire au capital du groupe franco-néerlandais Air France-KLM. Ce sont plus de 950 millions d'euros de capitalisation boursière partis en fumée, soit deux fois la valeur de l'investissement envisagé dans le cas d'un rachat total des actions détenues par l'Etat. Cette participation dans Air France vaut en effet 458 millions d'euros, sur la base du niveau actuel de valorisation boursière de la compagnie aérienne.

"Alors que nous sommes particulièrement circonspects quant à un accord éventuel (pour une prise de participation), un partenariat pour développer de nouvelles offres ou services, ou pour mélanger les programmes de fidélité pourrait être une bonne idée", ont d'abord expliqué dans une note les analystes de Bryan Garnier. "Toutefois, à court terme, les incertitudes devraient probablement peser sur l'évaluation du groupe", estiment-ils.

Les "réflexions" d'AccorHotels en sont à un "stade préliminaire", selon un communiqué du groupe publié dimanche soir. D'après le journal Les Echos, elles porteraient sur les 14,3% que détient l'Etat français, premier actionnaire du groupe aérien.

Trois options sur la table

Trois options sont sur la table, selon le quotidien: un rachat de la totalité de la participation de l'Etat par AccorHotels, un rachat partiel, ou enfin un "swap" dans lequel l'Etat recevrait des actions AccorHotels en échange de ses titres Air France-KLM. Les deux groupes forment déjà régulièrement des partenariats commerciaux, et discutent depuis plusieurs années de projets communs dans le numérique et d'une plateforme commune de fidélisation et de services.

Une prise de participation serait "l'occasion de cimenter un tel partenariat entre les deux groupes", ont souligné de leur côté les analystes du courtier Aurel BGC. "Pour l'Etat, le scénario ne manque pas d'attraits: il participerait ainsi à la création d'un géant mondial français du voyage et du tourisme, sous la forme d'une alliance".

Le 20 mai, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire avait toutefois écarté une sortie de l'Etat de la compagnie, qui est à la recherche d'un nouveau PDG depuis la démission début mai de Jean-Marc Janaillac.

S.B. avec AFP