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Combien allez-vous payer d'impôts sur le revenu en 2013 ?

La Direction générale des finances publiques vient de mettre en ligne un simulateur de calcul pour l'IR 2013.

La Direction générale des finances publiques vient de mettre en ligne un simulateur de calcul pour l'IR 2013. - -

Bercy vient de mettre en ligne un simulateur de calcul pour l'IR 2013. Plus généralement, le fisc veut persuader les contribuables de déclarer et de payer leurs impôts via internet afin de réaliser des économies de fonctionnement.

Bercy pense aux 36,9 millions de contribuables assujettis à l'impôt sur le revenu. La Direction générale des finances publiques (DGFiP) vient en effet de mettre en ligne un simulateur de calcul pour l'IR 2013. Ces revenus de 2012 devront être déclarés en mai prochain. Ce calculateur est accessible directement sur la page "particuliers" du site impôts.gouv.fr.

Internet à la rescousse du fisc

Internet est d'ailleurs devenu un allié du fisc dans la chasse aux contribuables déclarant leurs revenus en renvoyant un bon vieux formulaire papier, et surtout aux irréductibles qui paient encore par chèque ou, pire, en espèce...

La raison tient naturellement dans le coût de collecte qui est, pour l'impôt sur le revenu (IR) d'un peu plus de 600 millions d'euros pour 58 milliards de recettes totales. Mais Bercy a aussi l'obligation de réaliser des économies de fonctionnement en réduisant le nombre de ses fonctionnaires. Ils sont actuellement 118 000 à la Direction générale des finances publiques (DGFiP), qui a succédé à la vieille Direction générale des impôts. En 10 ans, 25 000 postes ont été supprimés. En 2013, 2 000 postes disparaîtront à nouveau.

D'où la nécessité pour le fisc d'accélérer au maximum la dématérialisation des procédures de déclarations et de paiement des impôts, en premier lieu l'IR qui concerne 36,9 millions de contribuables (même si 16,8 millions seulement paient au final l'impôt).En 2012, 12,2 millions de déclarations ont été effectuées en ligne, soit une progression de 15% par rapport à 2011. En 2008, la proportion n'était que de 7,4%.

Utiliser les smartphones

La DGFiP veut développer ce mode de déclaration qui évite aux agents du fisc de saisir les données des formulaires papier. Elle va donc lancer en 2013 une campagne de communication rappelant les avantages de la télédéclaration : délais supplémentaires, et surtout possibilité pour le contribuable de télécorriger sa déclaration et de calculer via internet le montant de son impôt.

La DGFiP est pourtant toujours obligée d'envoyer par la poste aux télédéclarants comme aux autres les formulaires annexés à la déclaration (plus-values, revenus fonciers...). Ce qui représente pas loin de 1 600 tonnes de papier ! Elle va donc développer l'an prochain l'option "eco papier" : les contribuables qui en feront la demande ne recevront plus de formulaires papier mais une simple lettre leur indiquant leurs identifiants pour remplir leur déclaration en ligne. Seuls, 300 000 télédéclarants sur 12 millions demandent aujourd'hui cette option.

Le fisc veut également pousser les contribuables à utiliser leurs smartphones pour valider leur déclaration. Dès lors qu'ils ne souhaitent modifier aucune donnée sur leur déclaration préremplies, ce qui est le cas de 13% des contribuables, l'administration les incite à valider leur déclaration en envoyant un simple clic via leur smartphone. Il suffit pour cela de télécharger une application présente sur le site de la DGFiP et saisir le flash-code présent en bas de leur déclaration. Selon Bercy, il suffit de cette façon de 15 secondes pour déclarer ses impôts....

La télédéclaration n'est plus rémunérée

En revanche, plus question pour le fisc d'accorder un (modeste) avantage financier de 20 euros aux télédéclarants comme de 2005 à 2008. Les économies de fonctionnement liés à internet ne profiteront qu'à Bercy. Autre front : le paiement en ligne des impôts. Actuellement, 10,7 % des contribuables seulement paient leur IR en ligne. A l'inverse, plus de 70% restent mensualisés via un RIB, et 3,5% paient toujours en espèce au guichet de leur centre des impôts.

Pour ces derniers, essentiellement des personnes âgées, le fisc n'envisage pas d'évolution. Mais pour les autres, il va les relancer début 2013 pour tenter de les faire passer du RIB à internet. Ce n'est pas forcement gagné.

Patrick Coquidé