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Crédit immobilier: comment réduire de moitié le coût de l'assurance emprunteur

L’assurance emprunteur pourra bientôt être résiliée annuellement.

L’assurance emprunteur pourra bientôt être résiliée annuellement. - Philippe Huguen - AFP

Un amendement prévoit la possibilité d'une résiliation annuelle de l'assurance associée à un crédit immobilier, qui permettra à tout emprunteur de changer d'offre, avec à la clé des économies pouvant atteindre 50%.

L’assurance emprunteur, qui permet de se prémunir contre le risque de ne plus pouvoir rembourser les échéances d’un crédit immobilier, pourra bientôt être résiliée annuellement. Concrètement, un emprunteur aura la possibilité de changer son assurance décès invalidité dans les 12 mois suivant l’ouverture de son contrat, à l'image de ce qui est déjà possible pour l'automobile ou l'habitation. C’est en tout cas ce que prévoit un amendement intégré au projet de loi "Sapin 2" sur la transparence, la lutte contre la corruption et la modernisation de la vie économique, actuellement en discussion à l’assemblée nationale.

L’objectif est clair. Il s'agit de casser le quasi-monopole des banques, qui détiennent 80% de ce marché. Une aubaine à l’heure où les taux d’intérêt planchers les fragilisent. "De quoi entretenir les plantureuses marges du secteur, estimées par l’Inspection générale des finances à 50% sur un chiffre d’affaires de 6,1 milliards d’euros", s’insurge dans un communiqué l’UFC-Que Choisir, qui appelle les députés "à résister au lobbying des établissements bancaires et à adopter cette mesure favorable à tous les emprunteurs (…)".

Comment expliquer une telle domination? En fait, une grande majorité des emprunteurs souscrivent une assurance dans la banque qui leur accorde le crédit, pour des raisons de simplicité mais surtout par manque de connaissance de la législation, qui autorise désormais la souscription d’un contrat d’assurance auprès d’un établissement différent. Cette alternative aux produits "maisons" permettrait de réaliser plusieurs milliers d'euros d'économies. Jérôme Chasques, directeur général du comparateur d’assurances HyperAssur, a fait le calcul: "Les différences de prix entre contrats vont du simple au double, de 0,18% à 0,40% du capital emprunté, à l’avantage, bien souvent, des assureurs alternatifs (...)", a-t-il confié au journal Le Monde.

Mauvaise volonté des banques

Reste que, dans la pratique, les banques mettent beaucoup de mauvaise volonté à accepter la substitution d’assurance. "Les acteurs du marché ont multiplié les prétextes pour rendre ineffectifs ces droits (manœuvres dilatoires, non-compatibilité des garanties proposées)", dénonce l’UFC, qui propose...

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Julien Mouret