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Pass sanitaire: les centres commerciaux de plus de 20.000 m² seraient concernés

Gontran Thüring, délégué général du Conseil national des centres commerciaux (CNCC), était l'invité ce mardi soir du Grand Journal de l'Eco sur BFM Business.

Dès le mois d'août, il ne sera plus possible d'entrer dans un centre commercial sans présenter son pass sanitaire. Tous ne seraient néanmoins pas concernés: seuls les plus importants devraient l'exiger à leurs clients.

"On s'oriente vers un seuil de 20.000 mètres carrés, c'est-à-dire qu'en-dessous de 20.000 m² la mesure ne serait pas effective", a indiqué mardi soir Gontran Thüring, délégué général du Conseil national des centres commerciaux (CNCC), à la sortie d'une réunion de concertation réunissant les acteurs du secteur et le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, à Bercy.

Une telle mesure s'appliquerait à environ 40% des centres commerciaux, précise-t-il. En février dernier, lorsque le gouvernement avait annoncé la fermeture des centres commerciaux et galeries marchandes de plus de 20.000 mètres carrés pour faire face à la progression du virus, plus de 400 centres commerciaux englobant 25.000 magasins avaient été contraints de baisser le rideau.

"Nous ne comprenons pas vraiment [ce seuil]. Les plus gros centres commerciaux sont ceux qui ont le plus souffert de cette crise. Ils ont fermé les premiers, ils ont rouvert en dernier. Par ailleurs ce sont eux qui sont en mesure d'assurer les protocoles sanitaires les plus stricts", a réagi Gontran Thüring sur le plateau de BFM Business.

Où contrôler le pass sanitaire ?

S'est aussi posée la question de l'endroit où le contrôle du pass sanitaire s'opérerait: à l'entrée du centre ou à l'entrée de chaque boutique ?

"La question était assez disputée entre les différents participants. Le contrôle à l'entrée du centre commercial pose un certain nombre de problèmes […]. Si on prend l'ensemble des centres commerciaux français, il faudrait recruter dans les quinze jours 7.700 personnes pour assurer ces contrôles, ce qui est pratiquement impossible", a estimé le représentant du CNCC.

Cela représenterait "un surcoût de l'ordre de 100 millions d'euros pour la filière", a précisé Gontran Thüring. "Sans parler du problème de sécurité", a-t-il ajouté, parce que "cela veut dire demander à des personnels de sécurité d'interdire l'accès au centre commercial. Dans certaines zones sensibles, ça peut poser des problèmes de sécurité assez sérieux".

Jérémy Bruno Journaliste BFMTV