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Paris veut taxer les meublés touristiques pour compenser la suppression de la taxe d'habitation

La mairie de Paris a voté ce mercredi ses orientations budgétaires pour 2019

La mairie de Paris a voté ce mercredi ses orientations budgétaires pour 2019 - Capture Conseil de Paris - Mairie de Paris

Les élus parisiens ont voté ce mercredi matin les orientations budgétaires de la Ville pour 2019.

La mairie de Paris a voté ce mercredi ses orientations budgétaires pour 2019, marquées par une disparition de la taxe d'habitation que la Ville souhaiterait compenser par une extension de nouvelles taxes de séjour aux "meublés touristiques" et aux logements sous-occupés.

Compenser la suppression de la taxe d'habitation

Le vote du budget (quelque 10 milliards d'euros) survient alors que la disparition de la taxe d'habitation se dessine: "C'est 600 à 700 millions d'euros par an" en moins, s'inquiète-t-on à la mairie, soucieuse qu'"on puisse geler à un instant T cette ressource, alors que les dépenses continuent".

Pour compenser, la Ville appelle de ses voeux la mise en place de taxes de séjour sur les "meublés touristiques", type appartement AirBnb, et sur les logements vacants. "Les archaïsmes" de la taxe de séjour ne permettent pas à la mairie de Paris "de taxer justement les acteurs de la nouvelle économie" comme AirBnb, relève-t-on à la mairie.

L'enjeu: assurer un investissement annuel à hauteur d'1,7 milliard d'euros, dont "deux tiers sont financés par autofinancement" et "un tiers par de l'endettement" - pour financer "logements sociaux, politique sociale et transformation écologique" - tout en respectant la promesse de la maire, Anne Hidalgo, de ne pas augmenter le niveau d'imposition.

Une dette prévue de 6,5 milliards fin 2019

L'exécutif de la capitale doit également faire face à une autre contrainte: la contractualisation signée il y a un an avec l'État, en vertu de laquelle la Ville ne doit pas dépasser d'une année sur l'autre ses dépenses de fonctionnement hors péréquation (système de solidarité financière entre communes, avec transfert de fonds quand cela est nécessaire) de plus de 1,14%, et assurer une capacité de désendettement en 12 ans.

Utilisée jusqu'à présent, la dette, pourtant décriée par l'opposition, reste un des leviers auxquels recourt la mairie, qui prévoit une dette de 6,5 milliards d'euros à la fin 2019 (contre environ 1 milliard d'euros en 2001). Pas de quoi s'inquiéter, affirme la mairie, arguant que "la dette moyenne par habitant à Paris est de 2.549 euros, contre 3.749 euros à Marseille, ou 3.453 à Lille".

Les critiques de l'opposition

"La gestion que nous déployons depuis 2014 est solide et saine", avance la maire socialiste de Paris, qui met en exergue la récente confirmation de la note AA par l'agence de notation Standard & Poor's.

"Oui, Paris s'en sort mieux que d'autres villes", a déclaré le président du groupe communiste Nicolas Bonnet Oulaldj, "mais la baisse des dotations et la péréquation nous empêchent de jouer plus notre rôle social".

Le porte-parole du groupe PPCI (Parisiens, progressistes, constructifs et indépendants, macronistes), Jérôme Dubus, a fustigé une "gestion défaillante des charges de la ville" et une "large utilisation de l'emprunt". "Qu'allez-vous faire ? Emprunter davantage ou faire de réelles économies de fonctionnement?", a-t-il lancé à l'exécutif parisien.

M. F. avec AFP