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La Cour des comptes épingle les "dérives"du chantier de l'EPR de Flamanville

Vue du chantier du réacteur EPR de Flamanville (Manche), le 19 février 2014

Vue du chantier du réacteur EPR de Flamanville (Manche), le 19 février 2014 - Charly Triballeau, AFP/Archives

La Cour des comptes réclame "un retour d'expérience complet sur tous les EPR construits ou en construction en France et à l'étranger" et une analyse du mix énergétique avant toute décision.

Après les "dérives" du chantier de l'EPR de Flamanville (Manche), la Cour des comptes a réclamé jeudi un bilan des chantiers menés et une vision à 2050 avant l'éventuelle décision de construire de nouveaux réacteurs nucléaires en France.

"Le retour d'expérience des chantiers menés et la planification du mix énergétique à horizon 2050 sont nécessaires avant de décider de construire ou non de nouveaux réacteurs électronucléaires", a déclaré le premier président de la Cour des comptes, Pierre Moscovici, lors d'une conférence de presse.

La Cour a publié jeudi un rapport sur la filière EPR, qui fait notamment le constat des "dérives de coûts et de délais considérables" sur le chantier du réacteur de Flamanville (Manche), dont la mise en service n'interviendra que "mi-2023" au plus tôt.

Des enjeux financiers énormes

En raison de ce retard, le gouvernement a déjà prévenu que la décision de construire ou non de nouveaux réacteurs nucléaires en France serait renvoyée au prochain quinquennat. Avant cette décision, les magistrats suggèrent donc "un exercice de retour d'expérience complet sur tous les EPR construits ou en construction en France et à l'étranger". Ils demandent aussi "une analyse complète du mix électrique à l'horizon 2050" préalable à toute décision. La programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE), qui sert de feuille de route au gouvernement, a aujourd'hui pour horizon 2028. Or, la décision de construire ou non de nouveaux réacteurs engagera la France "jusqu'au XXIIe siècle", souligne la Cour des comptes. Et les enjeux financiers sont énormes: construire trois paires de réacteurs EPR2 (la version améliorée sur laquelle travaille EDF) coûterait 46 milliards d'euros. Pour pouvoir pendre une décision, cette dernière prône également de "calculer la rentabilité prévisionnelle du réacteur de Flamanville 3 et de l'EPR2".

C.C. avec AFP