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"N'importe quel économiste vous dira qu'accueillir des migrants est bon pour l'économie"

L'économiste Bertrand Martinot était l'invité des Décodeurs de l'Éco mardi.

L'économiste Bertrand Martinot était l'invité des Décodeurs de l'Éco mardi. - BFM Business

L'économiste Bertrand Martinot, invité des Décodeurs de l'Éco mardi, a analysé d'un point de vue économique les enjeux de l'arrivée de plus d'un million de migrants en Europe en 2015.

Un million de migrants sont arrivés en Europe en 2015, selon les chiffres dévoilés mardi par l'ONU. Un record depuis la seconde guerre mondiale. Cet afflux de réfugiés pose le défi aux pays de l'Union européenne de réussir à les intégrer, notamment sur le plan économique. Un pari difficile en France a reconnu l'économiste Bertrand Martinot, dans Les Décodeurs de l'Éco mardi.

"N'importe quel économiste vous dira qu'accueillir des migrants qualifiés, à long terme, c'est sans doute une bonne chose pour un pays d'un point de vue économique", admet l'économiste, "même si je ne vous dis pas que ça ne pose pas de problèmes sociaux, religieux, des tensions ethniques". Si l'on s'en tient à l'aspect économique des choses, l'arrivée de migrants est "favorable à la croissance".

"Le problème, c'est que le chômage dépasse les 10% en France métropolitaine, et que le marché du travail est verrouillé, rigide", note néanmoins Bertrand Martinot. "La question de ce que vont devenir ces gens sur le marché du travail peut se poser".

Les seuls exemples datent des années 60

D'autant que les seuls exemples d'immigration massive qu'on puisse analyser datent des années 1960. Les mouvements de population consécutifs à la guerre d'Algérie en France, où "cet épisode célèbre d'émigration massive de cubains en Floride. Globalement, tout s'était bien passé d'un point de vue économique".

"Par exemple en Floride, les centaines de milliers de migrants cubains ont réussi à trouver du travail en quelques mois. Mais à l'époque, le smic n'était pas à 9,60 euros, et il s'agissait de petits boulots, dans un économie extrêmement flexible", nuance l'économiste.

"La France actuellement n'est pas dans cette situation, et les Français le savent pertinemment, continue-t-il. Si c'est juste une question de moyens financiers, pour l'hébergement d'urgence, c'est un vrai enjeu de solidarité, et on a les moyens de gérer. Mais la question c'est le coup d'après. C'est-à-dire l'intégration au sens large, l'éducation et le travail". Et de conclure que "sur le travail justement, ce ne sera pas évident".

N.G.