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Les inquiétudes sur l'économie restent vives chez les patrons

La plupart des chefs d'entreprise craignent pour leur chiffre d'affaires.

La plupart des chefs d'entreprise craignent pour leur chiffre d'affaires. - Dwall - Flickr - CC

"8 chefs d'entreprise sur 10 restent inquiets quant à l'évolution de l'économie tricolore et bon nombre d'entre eux préfèrent ainsi restreindre leurs investissements, selon le baromètre KPMG-CGPME. En outre, plus de la moitié des chefs d'entreprise craignent que le prélèvement à la source soit un facteur de complexité."

Des signaux palpables ont montré, la semaine dernière, que la reprise était en marche. Le nombre de demandeurs d'emploi a nettement reculé en mars, et la croissance a été de 0,5% au premier trimestre. C'est donc un peu à contre-courant que le baromètre KPMG-CGPME d'avril signale que l'inquiétude reste de mise chez les patrons.

Ainsi selon les résultats de cette enquête (*), 8 dirigeants d'entreprise sur 10 affirment s'inquiéter de l'état de l'économie française, soit plus que lors du baromètre de mars 2015 (78%). D'autre part, 37% des patrons interrogés indiquent que leur principale crainte reste les difficultés liées aux chiffres d'affaires, devant les problèmes RH (32%) et les questions de rentabilité (28%).

Autre chiffre assez peu enthousiasmant: seulement 51% des chefs d'entreprise indiquent avoir des besoins de financement, soit 10 points de moins qu'en janvier, et un plus bas absolu depuis la création du baromètre en 2009.

Signaux contradictoires

"La chute des besoins de financement, et notamment des besoins d’investissement, est un signe complémentaire du manque de confiance des chefs d’entreprise. La reprise, maintes fois annoncée, tarde à se concrétiser à leurs yeux en dépit d’une certaine restauration de leurs marges ", commente Jacky Lintignat, directeur général de KPMG, cité dans un communiqué.

Un signal qui reste contradictoire avec les données publiées par l'Insee vendredi dernier. L'institut de conjoncture révélait en effet que la croissance de 0,5% observée au premier trimestre était en grande partie due à l'investissement des entreprises qui avait bondi de 1,6%.

L'inquiétude sur le prélèvement à la source

KPMG et la CGPME ont également interrogé les chefs d'entreprise sur le prélèvement à la source qui, pour rappel, va faire de l'employeur (et donc de la société) le tiers collecteur de l'impôt sur le revenu, c'est-à-dire que l'entreprise se chargera de collecter l'impôt pour le compte de l'administration fiscale.

Et sans surprise, une majorité (54%) de dirigeants se disent inquiets par cette perspective, en raison de la complexité de la procédure ou du temps à y consacrer. Si 66% d'entre eux estiment que la mesure va avoir un impact négatif, la plupart (70%) considèrent qu'elle n'aura aucun impact sur leur politique de rémunération et de versement des primes.

"Les entreprises sont déjà le premier collecteur d'impôt en France. Le prélèvement à la source constitue l'obligation de trop en termes de complexité administrative et financière pour les PME", juge néanmoins François Asselin, le président de la CGPME, au regard des résultats de cette étude.

(*) Étude menée sur un échantillon de 401 dirigeants d'entreprise dans des sociétés comptant 10 à 500 salariés, via la méthode des quotas.

J.M.