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Les entreprises "devraient monter à 25% de salariés" en télétravail, prévoit le Vice-président de l'association des DRH

Au vu de l'aggravation de l'état sanitaire, le gouvernement incite les employeurs à recourir au télétravail sans les y forcer. De 15% actuellement, le taux de salariés en télétravail "devrait monter à 23/25%", précise sur BFM Business Benoît Serre, Vice-président délégué de l'ANDRH.

Lors du confinement, un salarié sur deux est passé en télétravail. Depuis le mois de mai, cette part n'a cessé de baisser pour atteindre 15% actuellement. Face à la reprise de l'épidémie, le gouvernement incite les employeurs à recourir de nouveau au travail à distance. Mais il ne devrait pas atteindre le pic du printemps, à 50% en mai, lors du déconfinement.

On devrait monter à 23-25% de salariés en télétravail", prédit Benoît Serre, Vice-président délégué de l'Association nationale des directeurs des ressources humaines, invité ce mardi dans Good Morning Business.

Car "le télétravail ne s'improvise pas, insiste Benoît Serre. Les instances du gouvernement nous demandent de le faire sans le rendre obligatoire ce qui est bien car les entreprises ont besoin de se retrouver, de retrouver leur dynamique".

Des accords en cours de négociation

Les entreprises ont passé des dizaines d'accords sur le télétravail, et environ 200 à 250 accords sont en cours de négociations. Les entreprises se rendent compte que la mise en place du télétravail n'est pas si simple.

"Pour l’installer durablement il faut changer pas mal de choses, comme le management, l’informatique, les locaux …", énumère le spécialiste des ressources humaines.

Il insite sur les différentes formes que peut prendre cette nouvelle pratique, la majorité des employeurs optant pour quelques jours de télétravail par semaine, le 100% à distance étant rare. Une autre difficulté tient à la gestion des effectifs, qui viennent par roulement dans les locaux afin de maintenir un taux d'occupation faible dans les bureaux.

Les équipes A et B, c’est compliqué car les gens ne se croisent pas, on a l’impression d’avoir deux entreprises", explique le responsable de l'ANDRH.

La situation est encore plus complexe pour les entreprises qui ont des locaux situés dans différentes régions. Il faut là aussi s'adapter en fonction de la situation sanitaire de chaque lieu et de l'évolution des normes liées à l'évolution de la pandémie.

Ds salariés fatigués et inquiets

Mais pour lui, les DRH ont su s'adapter aux contraintes nées de la crise sanitaire. "On a l’habitude maintenant, les gestes barrières, le masque, cela fait des mois que l’on est dedans." et contrairement à certaines rumeurs laissant croire que les employés font preuve de laxisme "Les salariés respectent règles", souligne Benoît Serre.

Mais les équipes sont marquées par la crise sanitaire et ses conséquences économique.

"Il y a de l'inquiétude chez les salariés, sur leur boulot, leur santé, le futur. Les gens sont revenus fatigués (...). Ils sont contents de revenir, mais ils ne retrouvent pas la boîte qu’ils ont quittée", témoigne Benoît Serre.

Mais cette ambiance ne devrait pas s'installer durablement, car les salariés font confiance à leur entreprise pour s'en sortir "Cela aide à la reconstitution des collectifs d’entreprise", fait savoir Benoît Serre.

Coralie Cathelinais Journaliste BFM Éco