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Les délais de paiement entre entreprises reculent mais…

Les petits retards de paiement sont tout aussi douloureux pour la trésorerie

Les petits retards de paiement sont tout aussi douloureux pour la trésorerie - Thierry Roge - Reuters

Si la durée moyenne des retards de paiement a diminué en 2016, selon le cabinet ARC, les "petits retards", qui font lourdement souffrir la trésorerie, se multiplient.

C'est une amélioration qui est quelque peu en trompe-l'oeil. La durée moyenne des délais de paiement entre entreprises s'est réduite en 2016, mais les petits retards, tout aussi toxiques que les gros pour les entreprises, ont nettement augmenté, selon une étude dévoilée mardi par le cabinet ARC, spécialisé dans le recouvrement de créances.

Dans l'ensemble, le retard moyen s'établit en 2016 à 11,8 jours pour les PME, contre 13,9 en 2015, et à 10,4 jours pour les clients des grands comptes, contre 12,1 jours l'an dernier, selon ce baromètre réalisé auprès de 502 entreprises de 50 salariés et plus.

Mais "si l'on entre dans les détails, nous observons un inversement du comportement des entreprises, à savoir une diminution des gros paiements de retard, et une nette augmentation des petits retards", a souligné lors de la présentation de l'étude Kérine Tran, juriste du cabinet ARC.

"Une crainte des contrôles"

Ainsi, 58% des PME et 57% des grandes entreprises paient avec un retard allant de 1 à 10 jours, contre respectivement 41% et 44% en 2015.

"Pour les grandes entreprises, il peut s'agir d'une crainte des contrôles de la Direction générale de la répression des fraudes (DGCCRF), des amendes, et plus encore de la publication des noms des entreprises sanctionnées dans le cadre de la politique du +name and shame+ instaurée par Emmanuel Macron" lorsqu'il était ministre de l'Économie, a expliqué la juriste.

Bercy publie désormais sur son site les noms des entreprises condamnées à des amendes conséquentes pour des retards de paiements envers leurs fournisseurs. Au total, 28 sanctions administratives ont déjà été publiées depuis octobre 2015.

"Mais ne nous leurrons pas, l'augmentation des petits retards est tout aussi toxique pour la santé des PME", a averti Kérine Tran, rappelant qu'un quart des faillites était dû au non-respect des délais de paiement.

Défiance envers le public

Par ailleurs, 77% des entreprises pensent que le secteur public respecte moins bien les délais de paiement que le secteur privé, et 54% des PME refusent de répondre aux appels d'offres émis par le secteur public par crainte de ne pas être payées ou de subir des délais de paiement trop longs, selon le baromètre.

Pour enrayer ces retards, 59% entreprises estiment que la dématérialisation des facteurs aura un effet positif, contre 52% en 2015.

"C'est une solution technique intéressante lorsque tout est fluide", a commenté François Asselin, président de la CGPME, lors de la présentation. "Mais quand il y a un bug technique ou humain derrière la technologie, ça peut être pire", a-t-il toutefois mis en garde.

J.M. avec AFP